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Le journal de notre périple à travers les hordes...

SURFACES DU ROI CORBEAU
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SURFACES DU ROI CORBEAU

 

SURFACES DU ROI CORBEAU - J1

 

Le convoi de chariots malingres brinquebale dans le désert pour le plus grand malheur de Groroukin qui essaie depuis deux heures de dormir sur les planches tordues d'une des carrioles, la tête posée sur un semblant d'oreiller constitué par la banderole en tissu usé du Comité des Fêtes. Il dormait pourtant en bonne compagnie avec un Shagourson dont la boîte encore intacte trouvée dans le Jouet Club d'Aqua Di Gio indiquait: « Son poil bleu en pur caribou mutant enragé, soyeux et douillet, vous promet des nuits douces et calmes. » Mais à chaque fois que notre ami s'assoupit, il est brutalement réveillé par un cahot qui lui projette le crâne contre la paroi: « Ça suffit, je ne dormirai pas si c'est pour terminer avec une excroissance de 2 kilomètres sur le crâne! » peste-il en se redressant tandis que Sigil et Lilifoutrine pouffent de rire en le voyant se frotter le front.

 

Heureusement pour notre ami, les éclaireurs signalent bientôt une ancienne piste. Woulfyr et clouk, encapuchonnés comme des voleurs de grand chemin, font arrêter le convoi et s'engagent ensemble sur un petit sentier de terre battue, foulant le sol si légèrement que les gros insectes mutants affairés autour des cactus maladifs ne remarquent pas leur passage. Les .ink profitent de ce répit pour se désaltérer et faire une pause. On aperçoit même Hycks qui s'ouvre un paquet de chips molles: « Des chips à 8H du mat', tu te sens bien Hycks? » lui lance tof avec un air de dégoût. « Ben quoi chai bon et chai faim! » proteste-t-il la bouche pleine en fronçant les sourcils, serrant son paquet de chips contre lui. Ce n'est de toute manière pas pire que sourciere déjà complètement plein qui cuve son petit matin de vinasse bon marché dont lui seul détient le secret de fabrication.

 

Les deux éclaireurs ne tardent pas à revenir de leur quête, ombres mouvantes se détachant sur le ciel rosé de l'aurore. « Il y a un genre de plate-forme un peu plus à l'ouest. C'est à environ trois mètres de hauteur par rapport au sol environnant, ça ressemble à un plateau. » explique woulfyr. « Idéal pour avoir une vue d'ensemble du coin si vous voulez mon avis. » ajoute clouk. Sur ces dires, le convoi se remet en route, réveillant une fois de plus Groroukin qui avait enfin réussi à s'endormir dans un coin. Au bout d'un petit quart d'heure, notre groupe de nomades arrive sur la plate-forme et inspecte les nouveaux lieux: la surface du plateau doit bien faire cinq cent mètres de diamètre et est ponctuée de quelques barricades désuètes. Ça et là des potences où des corbeaux se disputent des restes d'os plus que de chair s'érigent, menaçantes, pointes acérées transperçant le doux ciel matinal.

 

« C'est lugubre... » murmure foxy un peu impressionné. Mais il en faut plus à nos nouveaux citoyens pour reculer: Jojo ne perd pas de temps et en un quart d'heure il a monté un plan de chantier sur son grand tableau à craie qu'il cloue avec détermination sur l'une des potences, non sans quelque arrière-pensée. De son côté, paradisio sort ses peluches de son sac de voyage, nellie et izno, les époussette délicatement et les pose au dessus du tableau: « Je ne voudrais pas que vous vous salissiez déjà. » leur explique paradisio sous l'oeil réprobateur de notre chef de chantier.

 

De leur côté, Mnemo et teek sont en grande conversation avec les explorateurs bouga et Nespuizer pour organiser les expéditions du jour lorsque tout à coup elles entendent une sorte de jappement. « Tu l'as entendu? » interroge Mnemo. « Oui, on dirait que ça vient de par là » répond teek en se dirigeant vers un petit monticule de gravas. teek en fait rapidement le tour et découvre un genre de trappe qu'elle ouvre d'un coup sec: 3 chiens gémissants en sortent précipitamment, la renversant au passage. Les pauvres bêtes sont clairement affamées et ne tiennent guère sur leurs pattes. « Pauvres bêtes! Qui vous a enfermé là? » demande teek, attendrie, en commençant à découper son jambon-beurre pour nourrir les bestiaux squelettiques. Son geste est cependant brusquement arrêté par un « STOP! » tonitruant d'alcadel. « On a déjà pas assez de bouffe pour nous on va pas nourrir en plus les sacs à puces du coin! » C'est alors que teek et Mnemosynea se mettent à protester et bientôt le brouhaha attire les foules: un véritable débat s'instaure pour savoir si on garde les chiens ou pas. Teek menace de se pendre et Mnemo de sauter du haut du plateau si on ne les adopte pas mais les gardiens eleda et alcadel s'oppose fermement à leur entrée dans la famille. Il faut dire que les .INK en ont vu passer des animaux: le cochon Yangu, les cinq chats de mt, les 4 chats zonzons de Mnemosynea, les fourmis de Toxyn3, les poules, et les zonzons apprivoisés de woulfyr... « oui mais il pourra nous aider à creuser! Je vais lui faire un sac comme ça il pourra nous aider à porter les ressources! » explique teek. « oui, en plus avec les 3 chiens on peut faire un traîneau pour porter plus d'objets encombrants! » renchérit Mnemo. Finalement il est décidé de les garder à l'essai le temps qu'ils fassent la preuve de leur utilité.

 

Vers 10H du matin les groupes d'explorateurs se sont déjà formés, les Nespuizer d'un côté, les bouga de l'autre, bien décidés chacun à se montrer les plus performants en quadrillant le désert proche. Le groupe des bâtisseurs commence à monter l'atelier avec les ressources disponibles sur le site, récupérant les planches des potences et des vieilles barricades quand elles n'étaient pas trop altérées par le temps ou les coups.

 

Une longue journée se profile à l'horizon pour les .ink. Il commence à faire chaud, l'entrain est là et la motivation aussi...pour l'instant.

 

 

SURFACES DU ROI CORBEAU – J2

 

Les citoyens se lèvent avec, pour beaucoup, une intense gueule de bois. En effet, la taverne fraîchement inaugurée a fait des coupes franches dans les citoyens hier soir et la situation aurait même pu tourner au drame. Complètement pleins, jayjay, sunkyr et tifrere ont hier tenté de mettre le feu à l'atelier, pensant lutter contre un zombie introduit en ville. Heureusement, marsjl est arrivé à temps pour éviter l'irréparable et c'est après qu'il ait étouffé les flammes qui commençaient à lécher l'atelier qu'ils se rendirent compte qu'ils s'étaient attaqués au pilier de potence dont les ouvriers s'étaient servis comme support pour la construction. Constatant avec rage la destruction de son travail, marsjl, aidé de wells, avait balancé un seau d'eau usée sur les 3 gaillards qui reprirent bien vite leurs esprits et regagnèrent leur couche à la belle étoile chancelants et penauds.

 

Malgré une nuit quelque peu écourtée, les bâtisseurs s'éveillent tout de même motivés. Il faut avouer que la journée d'hier a été fructueuse. Le démarrage a été difficile, mais malgré un gros passage à vide en début d'après-midi, les bâtisseurs ont réussi à monter l'atelier, la tour de guet et le scrutateur grâce à teek qui a trouvé le composant électronique: « C'est foufignole qui l'a trouvé! » a-t-elle crié l'air triomphant. Au plus grand dam d'alcadel qui se pince le nez à chaque fois qu'il croise « l'infection » - comme il l'appelle - car la brave bête a manifestement gagné l'estime de la plupart des citoyens et s'est même trouvé un statut de mascotte.

 

Quoi qu'il en soit, les explorateurs se préparent fébrilement pour ce second jour dans le désert. Hier, des rumeurs ont circulé, et c'est assez secoué que Plasstik confie à ses amis qu'il y a une école maternelle brûlée hantée non loin de la ville. La terreur se lit sur son visage lorsqu'il relate que Rastazombinette a tranché dans le vif en lui révélant qu'on y avait trouvé de la viande humaine... « et il paraît que Kenzoli y a vu un fantôme! » avait ajouté rasta en riant. Les citoyens se mettent à pâlir à leur tour. « Vous croyez vraiment n'importe quoi! » leur reproche lienty35 en entendant la conversation, « vous ne voyez pas qu'ils se moquent de vous? ». Il faut dire que Shagshog a contribué a entretenir le mythe puisque ce dernier a ramené de l'édifice tout un tas de peluches mutilées et les a assemblées sur un autel dédié à Grosdodo.

 

« Elles me font flipper ses peluches » confie Truth à m0uns. « Je suis d'accord, déjà que l'endroit n'est pas rassurant... » renchérit cette dernière. « Cette nuit on les cramera! » décide Truth. Ayant fait un peu le tour de ses amis proches, Truth trouve un allié de taille en paradisio qui considère ces monstres de très mauvaise compagnie pour nellie et izno. « Il est encore temps de s'en débarrasser! » s'est-il écrié d'un coup. « Chut! Il ne faut pas qu'on se fasse prendre! » lui chuchote Truth sur un ton de reproche.

 

A la fin de la journée tombent enfin les résultats du concours de cuisine: nos trois top chefs sont appelés sur le toit de l'atelier à tour de rôle, sous un tonnerre d'applaudissements: Truth, sunkyr et alcadel. Tout le monde se souvient des petits plats de Truth fait à base de parties intimes de zombies...S'empressant de revêtir la toque, nos trois cuisiniers se sont rapidement bousculés et chamaillés pour obtenir le meilleur coin du hangar qui leur servirait de cuisine et de cantine. Chacun y va de sa petite idée pour attirer les citoyens, car nos trois chefs sont bien au fait qu'ils détiennent un pouvoir de taille en tenant les estomacs creux de la ville.

De fait, chacun des trois cuisiniers se met en quête de saveurs différentes pour s'attirer les faveurs de la ville: Truth continue dans sa lancée; sa cuisine traditionnelle à base d'abats de zonzons a déjà fait fureur, pourquoi en changer? Sunkyr, lui, s'essaye à la cuisine moléculaire: « Ce qu'on mange est de toute façon dégueulasse, autant qu'on ne sache pas ce que c'est et que ça ait l'air marrant! » avait-il expliqué. Alcadel quant à lui décide de se mettre aux petits plats à base de légumes racines car il se souvint brusquement d'une émission vue sur un PC déglingué qu'il avait réussi à retaper où le gagnant d'un concours s'était frayé un chemin vers la victoire à coup de légumes racines.

 

Alors que le soir tombe et que les premiers parfums des petits plats commencent à embaumer le hangar, c'est une autre préoccupation que les plaisirs culinaires qui préoccupe Iznogood - ce dernier vient de s'équiper de tout un tas de remontants pour justifier sa longue nuit à monter le labo: « Ben quoi? » répondit-il au regard plein de reproche de foxdelombre, « il faut le faire...burp...au plus vite! » en titubant vers l'ancien chenil où gisait le corps de Grignotte à moitié enterré. « Ce coin..burp..fera un excellent labo! »

 

La nuit tombe rapidmeent sur la ville et pour ceux qui regardent le soleil couchant, goutte de sang se répandant en poudre dorée sur l'horizon, les ombres des corbeaux qui se rassemblent n'augurent rien de bon...mais les râles des non-morts sont encore loin...si loin...

 

 

SURFACES DU ROI CORBEAU – J3 & 4

 

 

Un gros nuage passe au dessus de la ville: le ciel s'assombrit de façon inquiétante. « Il va pleuvoir! » s'exclame le citoyen, fou de joie. Il sort de sa tente une bassine à la main pour récupérer le liquide vital mais se heurte brutalement à une souche et s'étale de tout son long sur le sol. Clementdu31 se réveille en sursaut: « quelle déception! » Il se lève tout de même rapidement pour aller scruter le ciel, les brumes de la nuit lui ayant fait miroiter un vague espoir. Mais non, il n'y a plus jamais de nuages, il devrait le savoir. « Pfff ça commence mal cette journée » murmure-t-il en enfilant ses chaussures.

 

Cela fait quatre jours maintenant que les citoyens se sont installés: les chantiers vont bon train, le potager est en place, soigneusement et presque amoureusement tenu par lug qui bichonne chaque plant comme si ces derniers étaient en mesure de le comprendre: « Toi tu es bien jolie! Aujourd'hui je te mets double ration d'eau! » lui chuchote-t-il avec un clin d'oeil complice. « Il est atteint ce mec! » déclare clouk en observant les mimiques du jardinier. « A mon avis il y a anguille sous roche, je vais le surveiller, il est déjà sur ma tête de liste de toute façon. » retorque Jojo en tapotant des doigts le cuir de son petit carnet.

 

Les explorateurs quant à eux sont assez satisfaits d'eux-mêmes: autour de la ville ils ont découvert deux routes barrées et un magasin de meubles KIELA, sources d'objets de défense volumineux et donc très utiles. « Oui mais il y a l'école hantée... » a commenté andromis ce matin avec des trémolos dans la voix. Malgré les démentis d'Halperin et de lienty, les explorateurs prennent, il est vrai, un malin plaisir à faire croire aux plus peureux que cette école est effectivement habitée par les esprits...à tel point que les plus impressionnables refusent purement et simplement de sortir du côté est pour aller chercher des souches et débris: « le bâtiment me regarde! » avait confié foxy, penaud. Il faut admettre que de la ville on peut apercevoir un bâtiment noirci, glauque de par son sort tragique, obscurci encore par l'ombre du magasin KIELA, qui offre ses murs béants comme deux yeux morts fixés sur le plateau de la ville. Le rassemblement régulier des corbeaux sur les toits des bâtiments ne fait qu'amplifier l'impression de condamnation que ressentent les citoyens en dévalant la pente qui mène aux ressources primaires. Andromis, quant à lui, refuse purement et simplement de sortir de ce côté car il est persuadé que le premier soir, alors que la nuit tombait et qu'il rassemblait ses trouvailles du jour, il a aperçu une forme blanche passer furtivement le long des grands yeux morts de l'école. « C'est une illusion! » lui a pourtant déclaré Hycks en haussant les épaules, « le soleil tape fort par ici. » Mais ces propos rationnels n'ont pas suffi à calmer le citoyen.

 

Heureusement, en ville, les animations se multiplient et les habitants ont l'esprit assez occupé lorsqu'ils ne sont pas au travail. Dernièrement, Truth semble avoir instauré un nouveau culte. Ayant dégotté une petite statuette de nymphe dans son plus simple appareil dans le désert, il a commencé des réunions secrètes à la tombée de la nuit dans une partie un peu à l'écart de la vile. Malgré les injonction du Comité des Fêtes de Groroukin et des autres cultes mis en place, il a réussi à s'arroger quelques membres réguliers...et chaque soir ils semblent être plus nombreux.

 

Iznogood a lui aussi réussi à rallier les bouga à sa cause: construire un immense coin sieste à l'écart des chantiers pour les petits coups de mou de la journée. Ainsi, Shagshog, Jojo, clouk, sourciere, sunkyr et Kenzoli se sont construit un genre de lit de camp fait de matelas défoncés. « Des vrais fainéants ces explorateurs... »a soufflé marsjl à wells tandis qu'ils montaient les remparts avancés.

 

Le soleil se couche tandis que quelques citoyens traînent encore à la taverne et que notre fidèle portier woulfyr claque de sa main experte le verrou des grandes portes. La soirée est douce, presque enivrante, et les habitants sont d'humeur légère...mais pour combien de temps?

 

SURFACES DU ROI CORBEAU – J5 & 6

 

sunkyr se réveille en sursaut et la première chose qu'il aperçoit sont les flammes léchant la taverne! Il réveille ses voisins les plus proches et à l'aide foxy, teek et Sigil, ils tentent d'étouffer le feu avec des étoffes qui traînent à gauche et à droite. Mais il y en a bien trop peu! De plus le feu a atteint les réserves d'alcools et la taverne flambe de plus belle. « Il faut préserver les bâtiments alentours! » crie sunkyr. Les citoyens qui se lèvent quasi tous réveillés par le crépitement des flammes, la chaleur et les explosions des bouteilles font en sorte de préserver les bâtiments alentours. Heureusement la taverne est un peu à l'écart et sur une partie sablonneuse peu propice à propager l'incedie. La nuit est longue et les citoyens assistent impuissant au désastre. « mais qu'est-ce qui a pu provoquer ça? » demande clouk. « C'est forcément quelqu'un qui s'est amusé avec une torche... » suggère lilifoutrine bien dégoûtée d'avoir perdu une nuit de sommeil.

 

Lorsque l'aurore pointe enfin au loin, la majorité des habitants n'a pas beaucoup dormi. C'est maussades et fourbis qu'ils se lèvent et se dirigent vers la cantine pour prendre un petit déjeuner qui a du mal à passer...Il faut bien se rendre compte que la taverne est le lieu de rencontre de tous, le lieu de joie où on oublie les horreurs qui nous guettent toutes les nuits. Personne ne sait qui a fait flamber la taverne mais beaucoup aimeraient bien mettre la main dessus. « En tout cas, relève Jojo, tous ces ours horribles que nous a ramené Shagshog sont cramés maintenant! » En effet, l'autel de Grosdodo se trouvait juste derrière la taverne et semble être ce qui a pris en premier, la nature inflammable des ours en peluches aidant.

 

Dans l'après-midi, alors que certains explorateurs étaient rentrés pour se reposer, un autre événement acheva de gâcher la journée: Une bombe putride avait explosé dans le coin sieste. Certains bâtisseurs devaient en être à l'orogine car il était difficile pour eux de concevoir la sieste des explorateurs pendant qu'eux montaient des bâtiments sous un soleil ardent. Le résultat fut que quelques explorateurs empestaient la putréfaction puisqu'une bombe putride était l'équivalent des boules puantes qu'on trouvait parfois dans les vieux magasin de farce et attrappes mais elles étaient constituées de chair de zombie putréfiée et munies d'un gros pétard pour le faire exploser dans tous les sens.

 

Le climat était tellement vicié que teek et Mnemosynea se mirent à arborer le drapeau caliméro, pavillon qui voulait dire qu'elles ne foutraient la paix à personne tant qu'on essaierait pas de rlancer la ville sur de bonnes base, allant jusqu'à se confectionner un semblant de coquille d'oeuf en utilisant de vieux casques militaires peints en blanc avec imitation des craquelures de la coquille.

 

Face à ces évènements qui venaient troubler la paisble ville du Roi corbeau, deux hommes se levèrent contre l'adversité: tifrere et eleda. Tifrere mit tout en oueuvre pour remonter en un temps record une autre taverne et s'improvisa rapidmeent DJ pour adoucir les esprits et calmer les tensions. Plus tard dans la journée, eleda, notre grand sage aux connaissances immenses – il faut dire qu'il était toujours le nez fourré dans un bouquin de l'ancien temps – lança « Les jeux de l'époque antérieure »: il s'agissait pour nous de répondre à des énigmes sur un lieu, un personnage de l'ancien temps. Eleda mettait à notre disposition quelques documents et nous devions retrouver les .....


C'est ici que tout se termine....

CITADELLE BRULTALE
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LA CITADELLE BRUTALE

 

 

La citadelle brutale – Jour 1

 

tifrere60 fouillait le désert de sa pelle experte, il n'était pas fatigué, il creusait juste droit devant lui, mécaniquement. Lorsque les cieux s'assombrirent, ce dernier le va la tête et constata qu'un gros nuage menaçant s'amoncelait au-dessus de lui, dont la pluie légère ne tarda pas à commencer à tomber en minces filets. Il leva la tête au ciel et ouvrit la bouche pour se désaltérer... quand il se prit une vague de plein fouet.

« Alors on roupille?! Quelle feignasse je vous jure! » lança Truth, pouffant de rire, car il venait d'asperger son compagnon de route avec de l'eau croupie et usagée.

« Rha Truth t'es grave quoi! Je venais de récurer cette chemise, t'es lourd! Et pourquoi tu me réveilles, il fait encore nuit! » grogna tifrere60 maintenant bien réveillé, les sourcils froncés.

« Bah on est arrivé à un emplacement de ville, alors on décharge! » lui annonce marchombre avec un air blasé.

L'emplacement se situait à une petite hauteur que l'on pouvait atteindre en suivant une petite piste qui grimpait doucement jusqu'aux portes de métal déglinguées. Une vieille barricade pourrissante, tenant difficilement debout, faisait le pourtour d'un fatras de baraquements plus ou moins de guingois. Un semblant de tourelle, fracturée de haut en bas, s'élevait au centre du site, supervisant de ses yeux morts un désert silencieux.

 

« Parfait pour la Tour de Guet,ça » lança Jojo d'un air expert, montrant d'u hochement de tête la Tour de Pise qui s'imposait comme un oiseau de proie, le bec béant. « On pourrait monter le scrutateur à l'étage au-dessous, la hauteur me semble suffisante pour un rayonnement décent. »

 

Tandis que Jojo spéculait déjà sur les chantiers, les bâtisseurs commençaient à déblayer la partie ouest du site pour y installer l'atelier. Jeff86 déblayait le sol en donnant des coups de pied aux objets qui le jonchaient tandis que lienty35 et sayanel, plus méthodiques, avaient construit une sorte de brouette de fortune pour évacuer les déchets et autres ressources de basse qualité. A l'entrée les explorateurs, menés par Mayah, remplissaient leur gourde pour préparer leur première sortie dans le désert. Les vieux routards racontant pompeusement leurs exploits passés aux nouvelles recrues, qui d'un air dubitatif, hochaient de la tête.

 

Dans le désert inhospitalier ou aux chantiers, la journée déroula ses heures calmement, et l'organisation rôdée des citoyens fit des merveilles, chacun trouva de quoi s'occuper efficacement et tandis que les plus expérimentés gèraient les décisions à venir, les nouveaux venus, tout ouïs et joyeux, se plaisaient presque à travailler sous un soleil de plomb.

 

Lorqu'une soirée rafraîchissante se profila enfin, et que chacun commença à ranger ses outils, fier de sa journée, les habitants aperçurent Halperin, traînant un sac de ciment, s'écriant, essoufflé: « quelqu'un peut m'aider? » PlassTik qui passait par hasard devant la grande porte s'empressa de lui donner un coup de main: « Mais très certainement! » ajouta-t-il, avec un sourire jusqu'aux oreilles.

Du côté des expéditions, les explorateurs rentrèrent fiers comme des coqs, les sacs pleins à craquer d'objets et de denrées indispensables, encore tout frais de cette première et fructueuse exploration.

 

« Va falloir penser à ouvrir une taverne les amis! » lance mystif avec entrain. Aussitôt dit, aussitôt fait, les citoyens qui jouaient aux dés sur le sol poussiéreux investirent un vieux baraquement et après une heure d'aménagement à peine, les citoyens étaient déjà attablés, réclamant à boire et à manger, tandis que teek passait superviser la décoration du nouvel édifice. La porte arborait un magnifique écriteau « Taverne » inscrit en rouge sang, et pour cause, Mnemosynea avait encore usé de son fléau d'armes pour recueillir l'encre nécessaire sous les yeux un peu inquiets d'alucard62 qui se demandait si elle avait encore toute sa raison. « Ben quoi? » rétorqua Memosynea, « il faut bien que ces êtres sans âme servent à quelque chose non?! » se défendit-elle. Alucard préféra ne rien répondre et entra sans mot dire dans le nouveau repaire des citoyens.

 

Ce premier jour s'acheva donc dans la joie: « C'est à peine si on a vu des zombies! » s'exclama Mayah, dont l'expédition n'avait croisé, il est vrai, que quelques rares non-morts éloignés, tenant à peine sur leurs fémurs poreux.

 

« Ca va venir » entendit-on quelque part dans la taverne. Mais les habitants n'étaient pas inquiets et ces propos furent pris avec détachement et sourire. La première journée s'achèva avec la fermeture des lourdes portes sommairement réparées sur le cliquetis des verres et le brouhahah de la taverne.

 

 

La citadelle brutale – Jour 2, 3 & 4

 

« Qu'est-ce que c'est que ce bordel!!! » hurla Mnemosynea à l'assemblée de citoyens réveillés en pleine nuit par la petite attaque ayant tout de même fait 9 morts.

« Qui était chargé de la porte?! » hurla-t-elle en faisant tournoyer son fléau d'armes – en os pur zonzon, graissé à l'huile de castor zombifié - « personne... » osa prononcer AndromiS, brisant le silence lourd et pesant. « Qu'est-ce que c'est que cette organisation de merde!? Nan mé ôh!? Vous vous croyez où?! Chez mémé?! » rugit Mnemosynea en faillissant s'étouffer.

« On nous avait pas dit... » entendit-on au fond. « On ne vous avait pas dit?! » repris teek, ça fait combien de temps que les zonzons nous attauqent? Vous nous prenez pour des quiches?! ».

« Y'avait un mouton zonzon qui coinçait la porte et... » « Qui vient de dire ça?!! Non, mais assumez vos conneires!!! »

Voulant couper court à ces remonstrances Halperin se leva solennelement et déclara d'un ton décidé, les yeux plongés dans l'horizon, « je le ferai! ». A sa suite, baguza se leva et dit « moi aussi je le ferai! ».

La foule se dissipa et parti se rendormir, ou du moins essayer.

 

 

Dans le désert les expéditions progressaient rapidmeent. « Bon, treeji sort la carte » demanda teek. « D'accord!!! » Treeji, d'un coup de main expert sortit sa carte et une boussole, à l'envers, et déclara: « C'est par là!!! » sur ce ton survolté qui énervait tant marchombre. « Calme-toi ta boussole n'est même pas à l'endroit! » « non, mais c'est fait exprès, je l'ai trafiquée, ça marche mieux comme ça » déclara Treeji en crânant un peu.

 

Aux chantiers, malgré les lourdes pertes du premier jour to


ABIMES DE WARP L'ARCHITECTE
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ABIMES DE WARP L'ARCHITECTE

 

ABIMES DE WARP L'ARCHITECTE - J1 à J3

 

La caravane qui sillonne le désert est maintenant composée de citoyens aguerris et avertis. Cacun semble avoir trouvé sa place, nous avons pris de l'assurance, et les mois passés à errer de ville en ville a forgé notre capacité à reconstruire une vie à chaque nouvel arrêt, inlassablement. Après une semaine d'errance dans un désert sans carte et sans points de repère, voilà qu'au petit matin, dans la brume qui se dissipe, nos ex-citoyens aperçoivent une forme d'oeuf aplati sur une petite colline. « Qu'est-ce que c'est que ce truc encore? Un QG de zombies? » lance Rastazombinette en fronçant les sourcils.

Il s'avère en effet qu'une sorte de dôme ait été érigé au sommet d'une colline. Le bâtiment semble avoir été bombardé, le toit offrant d'énormes trous béants qui semblent jauger notre caravane comme des yeux sans expression. Le dôme semble jadis avoir été protégé par une palissade en bois qui apparaît maintenant clairement vétuste et moisie. « Ca fout les jetons » lance AndromiS en évitant de regarder la palissade brisée qui lui rappelle le sourire édenté d'un pirate.

 

« Ca vaudrait peut-être le coup d'aller voir? » demande clouk à sunkyr que l'aspect du bâtiment ne semble pas repousser. « On peut certainement transformer ça en place forte, tu ne crois pas Jojo? » demande sunkyr, déjà sûr de lui. « De toute façon il va bien falloir se poser quelque part! » répond Jojo en posant son sac. Sur ce, nos éclaireurs, woulfyr et clouk, ne perdant pas une seconde, s'éloignent vers l'imposant bâtiment.

L'entrée de la coupole est une arche sculptée géométriquement, mais ne comportant aucun angle droit. « Allumé, l'aminche qui a fait ça! » lance woulfyr avec un sourire rusé. Mais nos deux éclaireurs ne sont pas au bout de leurs surprises: L'étonnement est à son comble lorsque clouk pousse prudemment la porte en bois bringueballant: tous les bâtiments ont été construit sur le modèle de l'arche d'entrée, arborant tous des formes étranges dignes des derniers architectes contemporains: certaines pointant vers le haut, vissés sur des structures métalliques, d'autres ressemblent à des boules de cristal poussiéreuses avec leurs vitres bombées obstruées par les tempêtes de sable. C'est un édifice hors du temps et dépaysant que nos éclaireurs visitent, oubliant pendant quelques minutes les règles du temps et de l'espace. Après un quart d'heure, les éclaireurs, satisfaits, font signe au reste des citoyens que le chemin est dégagé et le site opérationnel.

 

Dès l'entrée en ville, les réactions ne se font pas attendre: « Quel fêlé celui qui a construit ce truc! On se croirait dans un mauvais film de SF! » boude jeff le démon qui voyait plutôt sa nouvelle ville comme une salle de torture géante pour les zombies. Chacun avance un peu hésitant dans ce petit monde à part, allant de surprise en surprise: « mais quel est le cinglé qui a dessiné ça?! » s'exclame mystif les yeux écarquillés en pointant du doigt une habitation en forme de fleur. « On s'en fout, du moment qu'on est bien protégés! » lance laconiquement notre chef de chantier déjà en train d'inspecter les palissades déformées et de lancer des ordres de constructions aux bâtisseurs qui viennent à peine de poser leurs affaires.

La ville comporte également une autre particularité que l'oeil expert de sunkyr ne tarde pas à remarquer: « C'est quoi ces grandes fissures dans le sol? On dirait qu'on a fait sauter ça exprès...ça forme un genre de trapèze. » En effet, il semble que l'architecte s'en soit donné à coeur joie, ce qui ne tarde pas à donner une idée de nom pour notre nouvel abri à march', qui, très poétiquement, inscrit en lettres calligraphiées « Abîmes de Warp l'architecte » sur un genre de voilure beige que BouZeux s'empresse d'emmener en haut de la Tour de Guet déjà en cours d'édification. « Fais gaffe gamin, tu renverses mes outils! » bougonne zithum en ramassant les souches que BouZeux a fait tomber en se précipitant au sommet de l'édification en cours.

 

« T'as vu Boud', y'a des galeries, on va pouvoir explorer! » lance pataate à son frère les yeux brillants. « Faudra voler la clef de l'entrepôt à grand papy pour prendre la dynamite pendant sa sieste de 15H! » réfléchit Boud en regardant machinalement sa montre Inspecteur Gadget qui ne fonctionne plus. « owwwwiii, bonne idée! » s'exclame pataate, « faut aussi qu'on aille voler quelques outils chez grand-mère, elle en a toujours plein pour les chantiers t'façon! ». Sur ce, les deux enfants se dirigent vers la maison en forme d'oeuf que teek a choisi pour évaluer le moment opportun de leur larçin.

 

Evidemment, quelques heures après leur arrivée, les cuisiniers sont déjà sur le pied de guerre et ont repéré un genre de salle basse ovale qui devait servir de salle de réception. Ayant troqué son radar amélioré pour un tablier arborant « J'illumine aussi votre repas! » et sa toque de cuistot clouk se chamaille déjà avec Truth et Nimp0rtequi qui eux aussi ont enfilé leurs plus beaux atours et installent déjà le nécessaire de cuisine.

Woulfyr quant à lui s'est lancé dans le laboratoire, métier à hauts risques et que chacun est toujours pressé de tenter mais jamais de continuer...étrangement. Il faut dire que les explosions de laboratoire à répétition chez Super Alcadel et Nimp0rtequi n'ont pas engagé ces derniers à retenter l'expérience. Côté chantiers, les bâtiments sont rapidement montés et la Team Extreme prouve encore une fois son efficacité aidée par les trouvailles de matériaux des prospecteurs.

 

L'ambiance est bonne aux Abîmes et teek, en bonne animatrice, en profite pour lancer ses jeux pour pimenter un peu la vie des citoyens, complotant avec ses aides de camp des gages cruels et humiliants. Les citoyens, une fois les chantiers finis, trouvent vite à s'occuper: si les bâtiments aux formes géométriques qui défient la gravité ne plaisent pas à certains, ils en inspirent d'autres. A peine arrivé, mt151 lance son sac à dos dans un coin, débusque une ancienne fontaine asséchée et la dédie aux chats, commençant à poser des offrandes sur le sol pour attirer les bestiaux parasités du coin, au plus grand dam de certains citoyens.

Shagshog ne perd pas non plus une seconde, ayant repéré au nord de la ville une arche murée qui devait servir d'entrée à la ville, il y dépose un matelas défoncé où il dessine maladroitement un ourson bleu avec une gouache de mauvaise qualité trouvée dans un supermarché pillé lors de notre périple. Mnemosynea, quant à elle, va quémander quelques bouteilles vides à sourciere, déjà plein, pour les sacrifices au Maître des ODDs et du Jerrycan tandis que Toxyn3 a déjà adopté un chaton perdu et repère les fourmilières alentours.

 

Chacun trouve rapidement sa place. On entend ici et là un « trop facile! », « ils sont pas prêts de nous déranger cette fois! » alors que le soleil se couche sur l'horizon. Les quelques zombies égarés ne tourmentent que leurs semblables cette nuit. Et tandis que certains rient de bon coeur, d'autres ont pourtant l'air soucieux: « Combien de temps cette fois? » entend-on près de la porte dont Mayah ferme résolument les battants sur la nuit d'encre.

 


PROMENADE DE THREEPWOOD
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PROMENADE DE THREEPWOOD – Jours 1-12

 

 

Les premiers jours furent synonymes d'hécatombe. Les citoyens tombaient comme de mouches, pris d'angoisse, de peur, ils se suicidaient les uns après les autres, rejoignant leurs ennemis dans les désert aride. Déjà 10 jours que nous sommes arrivés à la Promenade de Threepwood, mais nous ne sommes déjà plus qu'une trentaine. MichelAnge avait ri quand nous étions arrivés sur cette petite colline surplombant une dizaine de bâtiments parsemés. Toxyn3 et woulfyr s'étaient un peu moqués, en disant que c'était une balade de santé que d'aller d'un bâtiment à l'autre, qu'on ne prendrait aucun risque... Pourtant 10 jour après, nous ne sommes plus que 31 sur 40. La paranoïa des citoyens a eu raison de leur volonté et c'est avec regret que nous avons constaté jour après jour des départs dans le désert sans retour.

Depuis quelques jours cependant, l'ambiance s'est stabilisée, peut-être est-ce dû aux jeux de boucherie mis en place par Jojo30 ou alors à la grande loterie organisée par Brolin – dont les lots constitués par les chaises du réfectoire, ont un succès inespéré – au grand dam de Rastazombinette, clouk et Truth, nos trois cuisiniers émérites: « On ne peut pas correctement apprécier mes plats sans être décemment assis! » a crié clouk en assistant, impuissant, au kidnapping de deux rocking-chair installées dans le salon. « Je vois pas pourquoi elle ne serait pas mieux chez moi! » s'est énervé jeff86 en lançant les dés. Bref, tout se joue à la Promenade, même une soirée en compagnie de certains habitants...la solitude est trop forte.

Mais tout le monde n'est pas sur le même pied d'égalité dans ces jeux. On remarquera d'ailleurs que la chance sourit à zithum, qui rafle toutes les mises: « Je ne joue jamais sans ma plume » s'exclame-t-il en brandissant une plume de poule souillée de sa poche – plume qui appartenait à Myrtille, la poule de Nimp0rtequi, élevée aux graines de légume suspect. Mais zithum n'est pas le seul à profiter d'une chance incroyable, Super Alcadel, ainsi renommé puisqu'il ne connaît pas l'erreur a lui aussi été touché par la grâce divine - « La Grâce de Grosdodo! » murmure Shagshog à chaque lancer réussi, avec de la jalousie dans la voix – Et Super Alcadel de répondre avec un sourire rusé: « fidèle a moi même on dirait! » Cependant, certains, malgré les grigris n'arrivent à rien. C'est le cas de P3rcy qui malgré les pattes de poules accrochées à son cou n'arrivent qu'à sortir les pires scores: « T'arriveras à rien avec ça, en plus ça pue le macchabée! » lui a lancé Deep – ce qui était de bon conseil.

Hormis les jeux, nos citoyens ont de quoi s'occuper. Les bâtisseurs entament la fausse ville dans un ballet incessant de poutres et de structure. Si la Team Extreme est assez satisfaite de son travail, ce n'est pas du tout le cas de notre chef de chantier – Jojo30 surnommé « le Parpaing de 12 » ou encore « la Terreur des Chantiers » pour qui tout cela est encore bien trop lent. Les pauvres ouvriers sont harcelés du matin au soir par ses harangues: « Ca n'avance pas! » commente-t-il lorsque marchombre86 lui montre l'état d'avancement des transformations à l'atelier. « Qu'est-ce que vous fichez? On est pas à la plage ici! » répond-il aux ouvriers qui prennent une boisson fraîche entre deux portés de poutres. « Où passe toute cette énergie?! Vous la jouez aux dés ou quoi?! » s'exclame-t-il lorsque les bâtisseurs, après leur pause casse-croûte du midi – rat en gelée ou marinade de porc aux légumes suspects aujourd'hui – s'accordent un petit café. Et le soir, il finit toujours par dire: « Je suis obligé de revoir mes calculs! »

Mais la ville va tout de même bon train. Au Nord de la ville, Nimp0rtequi a installé son laboratoire et les prospecteurs font la file devant la porte pour obtenir leur petit cachet du jour. Notre chimiste en herbe est très strict sur le rationnement: « Pas plus d'une gélule par jour! » rappelle-t-il à Jojo30 qui tente discrètement de prendre un autre cachet tandis que sunkyr et sourciere glissent deux bouteilles de debout-les-mort dans leur sac de toile.

Le laboratoire situé sous la terre offre un contraste saisissant avec le temple des ODDs et du Jerrycan qui lui fait face. Ce dernier a été érigé par les fidèles dès le premier jour. Il s'agit de quatre piquets de bois cimentés dans le sol que surplombe un morceau de toile usée. En oblique sur un tréteau trône le matelas sacré, l'ODD suprême, lieu de sacrifice et de prière. Certains, comme mt151, sont très sceptiques et fomentent à son sujet: « C'est un culte impie, il faut détruire cet autel! », mais d'autres s'y recueillent avant chaque expédition comme Mnemosynea et Shagshog, fervents croyants.

Les attaques se succèdent donc sans mettre à mal notre ville encore toute jeune, les citoyens ne sont pas inquiets pour la plupart, ils profitent des plaisirs limités de la Promenade dans la bonne humeur et sont confiants quant à leur avenir proche... Quelques-uns cependant, commencent à douter, et dans les sombres rues de la ville, le soir, lorsqu'il fait sombre et que les hurlements bestiaux envahissent les abords de la ville, on entend ici et là: « Ils sont plus nombreux encore... », « Peut-on maintenir ce rythme de défense?! »,« Oui, mais pour combien de jours encore?... »

(les pages sont arrachées...)

 

 


FORTS DES POUILLEUX
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FORTS DES POUILLEUX (2)

FORTS DES POUILLEUX – JOURS 7 à 16

 

Cela fait maintenant plus d'une semaine que les citoyens travaillent d'arrache-pied pour maintenir leur avance sur les hordes dont les rangs ne cessent de s'étoffer. « A chaque fois qu'on cloue une planche, j'ai l'impression qu'il y a deux écorchés de plus! » s'exclame zithum en renforçant le blindage d'entrée armé d'un chalumeau. Les chantiers avancent pourtant rapidement, le dernier gros oeuvre a été lancé il y a deux jours, et il n'est pas des moindres. En effet, l'équipe de choc des bâtisseurs réaménage entièrement la ville, au grand dam d'alcadel et de Truth qui ont du respectivement déménagé leur labo et leur cuisine. « Ce n'est pas tolérable de traiter ainsi mon art culinaire! » s'est insurgé Truth, brandissant son couperet maculé de sang de poule mutante. Mais rien n'y a fait, malgré les protestations, les réaménagements sont menés d'une main de maître par Jojo30, qui ne coupe d'ailleurs jamais à son petit discours matinal avant d'aller fureter dans le désert.

 

« Et comment je fais moi, avec ces deux planches pourries pour poursuivre mes expériences chimiques? Et mes produits photo-sensibles? Vous vous fichez du monde! » se récrie alcadel, les bras chargés de produits pharmaceutiques. « Bah on y peut rien, » lui lance jeff86 en haussant les épaules, « et pis nous aussi on en peut plus, on enchaîne la Fausse Ville et le Grand Déménagement, tu parles d'une corvée! Mais on est les meilleurs, c'est un travail titanesque! ». « Depuis quand les gens parlent de moi avec un pronom personnel indéfini de la troisième personne ? » s'exclame alcadel, sur un ton suffisant. Jeff86, un peu surpris, le regarde d'un air dubitatif avant d'aller prudemment rejoindre marchombre86 qui travaille sur une amélioration d'aquasplash avec Brolin. « Pfff, ces gamins! Ils ne savent rien! Bon, alextho17, mon cher petit, tu vas aller porter ces twin à Mnemosynea et à Shagshog pour leur expé avant qu'ils ne se retrouvent coincés et perdus à jamais entre deux planches clouées... » « Où est-ce qu'ils habitent déjà? » demande alextho17 sur un ton un peu incertain. « Facile, le taudis de Mnemo, c'est celui avec des tournevis plantés dans la porte, et celui de Shag, y'a une plaque polie à l'entrée qui affiche: « Le Mirifique » ». Sur ces indications, alextho17 s'éloigne, un peu hésitant, vers les habitations. Donnant un violent coup de pied à des débris métalliques qui gisaient là, abandonné par quelque ouvrier appelé ailleurs, alcadel ne peut s'empêcher de commenter: « Ouais ben tout à coup, je comprends pourquoi ça s'appelle le grand déménagement, bien que franchement « le Grand Bordel » irait tout aussi bien », continua -t-il en maugréant.

 

Il est vrai que les citoyens n'ont pas chômé ces dix derniers jours. La plupart d'entre eux passent la matinée à ramasser des débris et des souches, comme Nimp0rtequi, qui, armé d'un caddie bancal s'ingénie à ramasser des ressources: « Il est pourri ce caddie, il berloque et puis dans le sable, c'est pas pratique! Pis c'est woulfyr aussi, il accidente le terrain avec ses trous de 15 mètres de profondeur! » « N'importe quoi, mon pauvre petit, méfie-toi, où je lâche sourciere 2ème du nom à tes trousses! » le charrie woulfyr en tirant violemment sur la cordelette qui le lie à son punching-ball domestique. Malgré les petites piques, le travail de la team Extreme est remarquable, en quelques jours ils ont bâti à un kilomètre de là un leurre pour les zombies, plus vrai que nature. BouZeux, de son point d'observation privilégié a pu observé cette caravane incessante de petites fourmis industrieuses qui allait et venait, armée de planches et de structures métalliques pour la construction d'une fausse ville qui déviera, pendant un temps, « ces écervelés » de zombies, comme on aime à les appeler ici.

 

Les innovations ne se font pas que sur les chantiers. En effet, à la Tour de Guet, BouZeux et mt151 expérimentent les nouvelles fonctions mises en place par clouk, le technicien de la ville. « T'as vu le planificateur? » lance BouZeux d'un air émerveillé, le visage illuminé par les LED verdâtres indiquant le nombre de zombie sur un rayon de plusieurs kilomètres. « Ouais, c'est clair que c'est bien pratique! J'attends avec impatience la fonction téléportation » annonce mt151, l'air avide. « Ah ouais, trop bien! » crie presque BouZeux, « et c'est moi qui vais tout diriger d'ici! » déclare-t-il pompeusement. « Et c'est clouk qui m'explique, et il dit que je comprends vite pour mon âge! » ne peut s'empêcher d'ajouter BouZeux, fièrement. « Tu te débrouilles très bien en effet! » lui confirme avec un sourire amusé mt151 avant de redescendre à l'atelier scier quelques planches.

Bref, aux forts, les citoyens sont confiants. Malgré les mauvais moments, comme ce matin où les citoyens se sont réveillés avec le goût amer de la pendaison de la veille dans la gorge, les habitants savent se ressaisir pour continuer à avancer. La dure loi qui régit le monde terrifiant dans lequel nous vivons rend les citoyens moins aptes à accepter les impairs, ici il faut survivre à tout prix. Chacun doit travailler pour la communauté et en osmose avec les autres, sinon, on ne tient pas, sinon, on ralentit tout le monde, sinon...on meurt plus vite. Les citoyens ne peuvent donc pas faire l'impasse sur les erreurs à répétition, et deux citoyens déjà ont du payer les frais de leurs actes inconsidérés.

 

Les habitants essaient de penser à autre chose cependant, chacun a ses petits secrets pour garder le moral, ses petites manies qu'il effectue comme un rituel. Par exemple, Toxyn3, ce citoyen laconique, qui ne s'exprime que très peu mais de façon clairement tranchée, ne sort jamais sans son chien, Nodule, qui est son plus fidèle compagnon en expédition comme au camp: « Il est mes yeux et mes oreilles... » déclare-t-il aux citoyens intrigués. Il y a aussi woulfyr, qui ne sort jamais sans son zombie apprivoisé depuis que le pot aux rose a été découvert par ses voisins et que l'un d'eux a failli se faire arracher un bras. « Mais comment fais-tu pour qu'il ne se sauve pas? » lui demande avec curiosité Fundor. « j'l'enterre dans le sable quand je me promène » lui répond simplement woulfyr avec un sourire en coin.

 

En expédition, certains habitants combattent la solitude du désert comme ils le peuvent. Par exemple, Brolin, souvent en expédition et en poste-avancé, doit rester plusieurs heures seul sur un site à dégager le terrain pour ses concitoyens. Lors d'une expédition, ce dernier avait « sympathisé » avec trois zombies qu'il avait prénommé Riri, Fifi et Loulou, vestige d'une époque où les enfants pouvaient se divertir plutôt que de passer leur vie en surveillance à la Tour de Guet. Lorsque les autres prospecteurs l'eurent rejoint, ce dernier tentait de leur apprendre des jeux, mais ses élèves regardaient Brolin d'un oeil bovin, plus attirés par l'odeur de sa chair que par les sons qu'il émettait et les gestes incompréhensibles qu'il s'ingéniait à produire.

« Brolin, je crois qu'ils entravent que dalle à ce que tu leur racontes » lui annonca Mnemosynea d'un air peiné. « Effectivement! Ca fait deux heures que je tente de leur faire comprendre les règles d'un jeu simple, et ils ne sont pas fichu d'intégrer quoi que ce soit dans leur cerveau moisi! » lança Brolin, énervé, presque en criant. « Je crois qu'il vaut mieux s'en débarrasser, » glissa Toxyn3 laconiquement, jettant un coup d'oeil rapide à Nodule qui grognait. Brolin acquiesça, et dans la seconde qui suivit, il se saisit d'un tambour de machine à laver et le projeta dans la tête de Riri: « Désolé, mais je ne t'aime pas. » commenta-t-il. Il fit de même avec les deux autres zombies dont les têtes dévalèrent la pente d'une petite dune pour finir quasiment alignées contre un petit remblai de sable. « On peut presque en faire des boules de bowling! » lança Truth sur un ton enjoué. « Vraiment dégeu! » lança mt151 avec un hoquet de dégoût à l'idée de se saisir de la substance molle, visqueuse et immonde que constituait les têtes en décomposition.

 

Chacun tue le temps comme il le peut, certains plus efficacement que d'autres. Par exemple, certains citoyens ont été surpris à passer leur temps à bricoler et à tester tous les outils qu'ils trouvent pour le plus grand malheur des ouvriers qui retrouvent leur matériel tordu ou pire, cassé: « Qu'est-ce qui est arrivé à ce tournevis? » demande Fundor à Halperin en lui montrant l'outil tordu. « Aucune idée, j'ai l'impression qu'il y a un petit malin qui s'éclate avec nos outils! » En effet, un peu plus loin, ils aperçoivent un des habitants essayant d'ouvrir un coffre en métal avec un ouvre-boîte. « Qu'est-ce que c'est que ça?! » lance Halperin en montrant du doigt un tas de couteaux et autres cutters cassés au pied du citoyen. « Ben rien, j'essaie d'ouvrir cette boîte, c'est tout, je les réparerai après ». « Pfff, n'importe quoi, tu as probablement mieux à faire te tes journées, tu penses pas? ». Il semble en effet que certains soient prêts à n'importe quoi pour s'occuper l'esprit.

 

Le soir, les citoyens essaient d'oublier la pestilence qui est devenue omniprésente en jouant aux dés ou aux cartes. Depuis quelques jours, le poker est de mise et les citoyens parient quelques objets de décoration pour donner plus d'intérêt au jeu. Jusqu'à maintenant c'est zithum qui rafle tout, mais certains ne comptent pas en rester là: « Nanananère ! C'est moi qui mène ! » chantonne Shagshog cachant sa paire de valets contre le pelage bleu délavé de sa peluche Grosdodo. « Quinte Flush Royale !!!! Wahoooouuuu » bluffe note cuisiner avec un sourire assuré.

« Dans tes rêves ! Ma paire de valets mène toujours ! » lance-t-il à Truth en serrant un peu plus fort les cartes contre le museau de son nounours. « Je crois que tu mènes plus
grace à ma paire d'As » dit Jojo30 sur un ton suffisant. « Je conteste! Si on regarde bien tes cartes on s'aperçoit que tes deux as sont des as de coeur. Tricheur !!! » crie Shagshog en se relevant d'un bond, ayant regardé par-dessus l'épaule de Jojo qui n'y a vu que du feu. « Shagshog c'est pareil pour toi mes pour les valets en gros c'est moi qui gagne avec un paire de 4 » annonce mt151 avec un petit sourire narquois qui en disait long. Shagshog, vexé, brandissant Grosdodo en l'air d'une main et pointant un doigt accusateur de l'autre vers mt151, s'exclame alors: « Comment ça c'est pareil pour moi ? Absolument pas !Regarde mieux mes cartes ! » Sur ce, tentant de cacher dans son dos un pot de peinture noir et un pinceau il montre à mt151 des cartes encore dégoulinantes. « Allez, arrêtes, Shag, c'est vraiment pas crédible! » lui lance sunkyr.

Sur ces entrefaites, arrive sourciere, en titubant. « Qu'est-ce qu'il – beurp - y a en jeu, d'ab – hips – ord? » demande sourciere, espérant entendre « une bouteille de debout-les-morts ». « J'ai piqué une lampe en banque donc je la mets en jeu pour le poker » annonce mt151. « Ohla, il pique des trucs en banque! - hips – Je vais voir s'il reste de l'alcool, tiens! Hehehe! » dit sourciere en s'éloignant en zigzag. « M'en vais vous apprendre à jouer au poker.... » déclare sunkyr l'air malicieux. « Je proteste! Je dis qu'il y'a de la triche, bizarrement 10 valet de tirés! » objecte mt151 en accusant ses aînés. « P'tit joueur va ! » lui lance Shagshog, en se calant contre la porte moisie de la réserve.

Tout à coup, woulfyr s'écrit: « full aux coeurs par les carreaux ^^ » « C'est quoi ce délire encore? » s'écrie mt151, « je vais plus jouer avec vous vous faites que tricher! » « Effectivement, ça ne marche pas ça! C'est de l'invention pure! » déclare Truth sur un ton de reproche à woulfyr, et ce dernier de répondre en protestant: « Comment ça, ça marche pas ?? » Les parties se prolongent malgré tout quelques heures, jusqu'à ce que le ciel s'assombrisse.

 

La nuit recouvre bientôt les Forts de son dôme opaque, et les citoyens les plus enjoués baissent d'un ton, et finissent par se taire. Au loin les hordes hurlent déjà, leurs pas résonnent dans l'immensité de la nuit, un nouvel assaut va bientôt commencer. Les citoyens rentrent chez eux, certains serrent leur peluche râpée, d'autres cherchent le réconfort dans leur oreiller de fortune. Les animaux se terrent eux aussi, ils savent trop bien ce que cette pestilence signifie, et ce que sont les choses qui tambourinent tous les soirs contre nos murailles...les citoyens savent bien, eux aussi, que ces créatures impies arrachent une à une, patiemment, les défenses que nous érigeons la journée, comme si les Forts n'étaient que la pelure d'un fruit savoureux...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

FORTS DES POUILLEUX – JOUR 27 (le dernier)

 

20H – C'est notre dernier jour. Le soleil décline au rythme de l'angoisse qui monte en nous. Chaque minute de lumière perdue sert le coeur des plus brave. Les visages sont crispés, les gestes maladroits, la peur nous étreint de sa poigne de fer. Hier ils ont déjà réussi à entrer, ils ont tué deux d'entre nous et ont terrorisé le reste des habitants, qui, cloîtrés chez eux ont passé leur nuit à hurler de peur, laissant des séquelles profondes ce matin. La population tremble, nos citoyens pleurent – de rage pour certains. Quelques survivants se sont drogué ou se sont saoûlés toute la journée en espérant que leur fin sera moins pénible. Les habitants errent dans leur ville fortifiée, simples pions en haillons malodorants attendant la fin de la partie qu'ils perdront. Qu'il est insupportable d'attendre sagement sa mort! Ils sont là, dehors! 4000 zombies prêts à se jeter sur la maigre pitance que constituent les quelques 30 citoyens restants. La ville résonne de la mort qui nous emportera tous cette nuit, hargneuse, jubilant, excitée, une force contre laquelle nous n'avons plus les moyens de lutter. Le soleil nous semble encore plus dur, plus brûlant, plus douloureux que les autres jours, le sol plus aride, notre soif plus tenace. La majorité de la population est déshydratée, nous sommes, pour beaucoup déjà à moitié mortes, déjà en train de nous dessécher...

 

Et pourtant. Pourtant nous allons nous battre. Aucun de nous n'est prêt à se laisser faire, chaque citoyen espère secrètement, en dépit du bon sens, s'en sortir vivant, s'échapper, s'enfuir dans la débâcle, trouver une brèche pour se libérer de ce cauchemar. « Mais n'y a-t-il pas d'autre solution? » est la question que se posent les citoyens à quelques heures de leur fin.

L'espoir. Seule pensée irrationnelle et pourtant bien humaine qui régit le coeur et les pensées des habitants ce soir – leur seule force contre la marée de non-morts qui va s'abattre sur eux, plus furieuse que jamais.

Les habitants se sont préparés. Tous sont armés de pistolets à eau, tous ont un rôle à jouer pour cette dernière lutte sauvage. Ce matin, en dépit de la peur et l'angoisse qui les étreignaient, les habitants sont partis placer des pièges à loups, construire le Mont Pointu - un tas de détritus hérissé de pieux, - ils ont dynamité les abords de la ville les plus fragiles, vidé le grand fossé, préparé les machines de guerre, à l'intérieur, comme les scies hurlantes ou le lance-brique. Les Aqua-tourelles sont là elles aussi, mais l'eau manque et nous ne pourront pas nous en servir...

Le soleil décline, voilà qu'approche les 22H...plus que deux petites heures avant l'assaut final...

 

22H – Les citoyens ne cessent de jeter des regards inquiets et nerveux sur l'horloge de la Tour de Guet. Les habitants se sont amassés autour des machines de défense en petits groupes, personne ne tient à mourir seul. Les compagnons d'expéditions et de bâtisseurs se sont naturellement rassemblés, mus par un désir irrationnel de survie, prêts à actionner les défenses de la ville. Les quelques conversations ont laissé la place aux murmures et aux sanglots étouffés, les citoyens, le visage blême, se lancent des regards où se lit nettement la peur et la panique.

 

Inquiétude. Un citoyen manque à l'appel. Clouk, pour le moins préoccupé, erre de groupe en groupe posant cette même question: « auriez-vous vu jojo30? » Mais personne ne sait, personne ne semble l'avoir aperçu depuis 20H. Zithum lui suggère d'aller vérifier les chantiers: « notre doyen serait bien capable de leur dire adieu! » annonce -t-il dans un sourire forcé accompagné de quelques rires qui sonnent tout aussi faux. Clouk s'y rend immédiatement et inspecte rapidement l'atelier jonché d'outils divers, mais non, il n'y est pas.

Rejoint par sourciere - une bouteille de debout-les-morts à la main – ils décident d'aller vérifier la maison du doyen, peut-être est-il toujours en train d'élaborer une stratégie... le bougre! il en serait bien capable! A cette pensée, clouk esquisse un semblant de sourire. Les deux compagnons arrivent à la porte – elle est ouverte – ils entrent.

 

Horreur. Un bruit de verre cassé résonne dans la pièce, sourciere a lâché sa bouteille qui éclate sur le sol de béton. Le corps sans vie de Jojo30 gît sous leur yeux, le visage figé dans une expression de douleur – le cyanure.

 

« Nooooooon! » hurle clouk, épouvanté, avant de tombant à genoux, le visage baigné de larmes, devant la dépouille de son compagnon et ami. Sourciere, choqué lui aussi, reste quelques minutes sans voix tandis que les derniers jours passés avec le chef de chantier défilent dans sa tête en flashs douloureux. C'est au bord des larmes que le caviste attrape maladroitement un vieux drap poussiéreux qui servait de tenture et recouvre avec précaution le corps de son ami. « Viens clouk, » dit-il, le souffle court, en posant une main plein de compassion sur l'épaule de son ami en larmes, « nous ne pouvons plus rien pour lui. »

 

La nouvelle fait vite le tour des Forts et les visages sont rapidement noyés de larmes, les doigts se crispent sur les machines, quelques citoyens vont rendre hommage en déposant quelques objets de valeur autour du linceul improvisé. « Il n'y a plus rien à faire, Jojo30 n'a pas tort, » murmurent plusieurs bâtisseurs. Mais déjà les premiers écorchés s'abattent sur les portes de la ville, rappelant les habitants à la dure réalité du moment. « Ils sont en avance » marmonne Toxyn3, les yeux rivés sur la porte. Il n'est que 23H25 mais les dents grincent, les doigts deviennent blanc à force de serrer les poignées des machines. « Les fortifications ne tiendront pas longtemps... » murmure tristement alcadel à ses compagnons.

 

23H 40 – Ils tapent de plus en plus fort, tel un gigantesque poing qui ébranle les murailles de la ville...La peur nous gèle le sang – 23H50 – La porte grince, le bois craque, le piston-verrou ne tient déjà plus que grâce à deux vis à moitié arrachée – 00H10 – La porte cède – le premier assaut a commencé...

 

Les hordes se déversent avec une rapidité déconcertante, comme une coulée de lave hurlante et informe. Les mains de jeff86 et marchombre86, tous deux postés aux scies hurlantes sont prises d'irrépressibles sursauts. Le teint blême, c'est Fundor et Halperin qui actionnent les premières scies hurlantes dans un crissement insupportable. Les machines à dépecer ne font pas peur aux écorchés qui se dirigent en courant maladroitement sur nos citoyens. L'inaction de jeff et marchombre est inquiétante: « Mais qu'est-ce qu'ils foutent, ils veulent se faire bouffer ou quoi?! » hurle Brolin qui, posté en hauteur aux Arroseurs automatiques, assiste à toute la scène, impuissant. Alcadel et woulfyr l'aident à diriger l'énorme conduit mécanique des arroseurs vers l'entrée et enclenchent le débit d'eau. Jeff et march' sortent enfin de leur torpeur, comme réveillés par la pluie qui s'abat sur eux. Les zombies ont ralenti – l'eau les brûlent – certains se tordent de douleur et prennent feu. Nos deux amis abaissent simultanément les leviers des huit dernières scies hurlantes. Ils ne sont plus qu'à quelques mètres. Nos quatre ingénieurs reculent de quelques pas tandis que les premiers zombies, enragés, se font découper par les scies dans un spectacle qui soulève le coeur.

 

Le flot de zombies continue cependant à s'engouffrer inlassablement. BouZeux et mt151, placé sur le flanc est, manoeuvrent l'énorme lance-tôle en direction de l'entrée. Zithum l'a armé et une première plaque de tôle s'écrase dans un bruit intolérable sur les visages déformés des non-morts. BouZeux détourne les yeux, horrifié. Zithum recharge avec mt une autre plaque de tôle, mais déjà les zombies ont progressé. « Ils nous ont vu! » crie zithum, paniqué. « Oui » confirme mt l'air assombri en déclenchant le mécanisme de propulsion.

 

Les scies hurlantes sont déjà pratiquement hors service, encombrées des cadavres qui enrayent leurs rouages. « Revenez vers nous! » hurle Mnemosynea en porte-voix du haut du Vaporisateur de Rue. Jeff, march', Halperin et Fundor se retournent et commencent à courir vers les dernières lignes de combat. Cependant, Fundor trébuche sur un caillou et s'étale de tout son long sur le sable: « Aidez-moi crie-t-il » le regard fou et désespéré. Halperin, Jeff et march' se retournent mais déjà les écorchés sont arrivés à sa hauteur, c'est impuissants et tétanisés qu'ils voient le visage affolé et suppliant de Fundor disparaître, hurlant, dans un amas de bras et de corps décharnés. Choqués, nos trois citoyens arrivent cependant à recouvrer assez leurs esprits pour sauter par-dessus la barricade qui abrite la catapulte et se diriger vers l'abri au nord de la ville.

 

Clouk et Truth chargent, quant à eux, pour la troisième fois la catapulte avec une machine à laver – la dernière. Clouk arme l'engin et consécutivement Truth déclenche d'un bras assuré le mécanisme-ressort: la machine part s'écraser au milieu des zombies déchirant les bras et les jambes des monstres au milieu des hurlements haineux. « Bien joué! » félicite clouk avec un sourire un peu forcé par la nervosité. Truth lui rend un sourire tout aussi forcé avant de charger un four dans la machine de guerre.

 

Un peu à l'ouest Shagshog manie le Canon à briques et sunkyr la Perforeuse, tous deux alimentés par sourciere. Sans relâche, presque avec zèle, les citoyens livrent leur dernière bataille, avec tout leur coeur, toute leur volonté, toute leur énergie – celle du désespoir. Mais le combat est de 30 contre 4000, « que peut-on faire contre ça? » pense à ce moment teek, en dirigeant le Vaporisateur de Rue, aidée de son fils, sur les meutes qui progressent inévitablement vers eux. Bientôt les zombies sont à quelques mètres du lance-tôle, BouZeux, zithum et mt151, chargeant leurs dernières munitions en tas, lâchent les commandes de propulsion et s'enfuient vers les barricades érigées au nord de la ville, notre dernier rempart contre les non-morts.

 

Les hordes aux visages sillonnés et affreusement écorchés ont atteint les Tours du Vaporisateur et des Arroseurs. Mnemosynea et Toxyn3, chargés de l'approvisionnement en eau des machines, lâchent leurs derniers jerrycans et sécurisent les passerelles qui les mèneront vers le dernier rempart – deux poutres grossièrement taillées, qui mènent sur le chemin de ronde nord – préalablement effondré de chaque côté pour qu'il soit hors d'atteinte des montres.

 

Les écorchés essaient déjà de gravir les tours – teek, Nimp0rtequi, Brolin, woulfyr et alcadel quittent leur poste pour rejoindre le chemin de ronde, mais dans la précipitation, Nimp0rtequi perd l'équilibre et se rattrape de justesse à la poutre. « Ne me laissez pas! » hurle-t-il, agitant ses jambes dans le vide. Teek se retourne à ce cri et rebrousse chemin pour aller l'aider. Les zombies ont déjà presque atteint le haut des tours. La première poutre est déjà dévissée par alcaldel et Brolin et s'écrase dans un fracas répugnant sur les zombies amassés en-dessous. Nimp0rtequi tente de raccrocher ses pieds à la poutre avec des mouvements de balancier, mais c'est peine perdue. « Accroche-toi à moi! » lui hurle teek, désespérée. Mais les zombies avancent sur la poutre – il aurait déjà fallu la dévisser. Mnemosynea et Toxyn3 ne peuvent cependant se résoudre à le faire. « Ne me laisse pas, maman! » hurle Nimp0rtequi, conscient que sa dernière heure est arrivée les yeux suppliants. « Je ne te laisserai pas mon fils » lui lance teek sur un ton apaisant. Déjà les zombies s'avancent gauchement sur la passerelle – beaucoup en tombent mais certains semblent plus à l'aise.

 

Soudain teek prend une décision: « Dévisse cette poutre Mnemo! » ordonne teek à sa fille sur un ton résigné. « Mais maman, je ne peux pas faire ça! » bredouille désespérément Mnemosynea qui voit sa famille à la merci des zombies. « Dévisse cette foutue poutre! » hurle teek. Mnemosynea s'exécute alors, tremblante, le visage baigné de larmes, aidée par Toxyn3. Teek entoure le visage de son fils de ses bras et, le regard perdu dans le ciel, prie pour une mort rapide. La poutre cède – les citoyens horrifiés voient leurs compagnons s'écraser dans une marée impie, serrés l'un contre l'autre, leurs cris bientôt recouverts par les hurlements de joie des êtres affamés. Toxyn3 emmène Mnemosynea au dernier rempart, choquée.

 

Tour à tour, nos citoyens se replient vers le dernier rempart, amas de briques, de ferraille, de tôles fondues au chalumeau et fixées au mortier contre la muraille nord, jugée la plus résistance. Bientôt, Truth et clouk, eux aussi à quelques mètres des zombies, sont obligés d'abandonner leur poste et se ruent vers la porte blindée. Il ne reste que Shagshog, sourciere et sunkyr « dehors » qui vident leurs dernières munitions avec rage et détermination sur la masse qui avance inexorablement vers eux. Les jets de clous rouillés et de briques sont assourdissants, les machines de fortunes sont à la fois lourdes et leurs mécanismes poussifs. Mais bientôt eux aussi commencent à discerner toute l'horreur des corps déformés de bien trop près et décident d'abandonner leur poste. Sunkyr veut cependant terminer une dernière rafale et charge la machine au maximum, sourciere et Shagshog quant à eux sont déjà en train de courir vers la porte blindée. Malheureusement, le mécanisme, trop faible pour la charge s'enraye lorsque sunkyr l'actionne et fait sauter un rouage, la main de sunkyr est alors avalée dans la machine et il laisse échapper un cri de douleur. Shagshog, alerté, se retourne: « merde sunkyr! » « Je suis coincé, venez m'aider!!!! » hurle sunkyr, dont le coeur redouble de battements. Shag rebrousse chemin, agrippe le bras de son ami et le tire avec force vers lui. Dans un cri déchirant, il libère la main de sunkyr, ensanglantée, et tout deux réussissent à s'enfuir vers la porte, les non-morts sur les talons. Les citoyens referment la porte blindée du dernier rempart, juste à temps.

 

Ils sont dans le noir – toutes les entrées ont été sécurisées. C'est alcadel qui avait eu l'idée de ce bunker improvisé. En ce moment tous les citoyens encore en vie lui en sont reconnaissants. « Vous croyez que ça va tenir? » lance zithum, inquiet. « Quelques heures peut-être » annonce sans sourciller sourciere. Quelques gémissements plaintifs brisent le silence ça et là dans l'obscurité à cette nouvelle. Toxyn3 craque une allumette et allume une vieille lampe de mineur. Les citoyens s'installent par terre autour de la source de lumière, le regard perdu dans le vide et les souvenirs pour les uns, les yeux fous et au bord de la crise de nerf pour les autres. Shagshog triture nerveusement la patte de son ours en peluche, Toxyn3 tente de se rasséréner en caressant Nodule, BouZeux fait rouler une bille de plomb dans sa paume...chacun a paradoxalement besoin de se sentir exister à ce moment précis et n'importe quel geste mécanique les aident à se sentir en vie.

 

Mais au bout d'une demi-heure déjà les tôles sont défoncées et commencent à céder – les citoyens sont pris au piège. « On va tous crever comme des rats! » hurle march', perdant tout contrôle. Woulfyr tente de la calmer: « crier ne fait que les exciter encore plus » lui déclare l'homme d'expérience. « Je ne veux pas mourir! » sanglote Truth. « Il y a peut-être un moyen... » commence sourciere. « Comment ça?! » coupe sèchement Shagshog. Plusieurs visages mi-interrogateurs mi-espérant se tournent vers lui « et bien...j'ai aménagé un petit passage ici...pour mes bouteilles, vous voyez...pour les cacher en revenant d'expédition... » annonce-t-il pas trop fier de lui. « vas-y continue » l'encourage alcadel. « Et bien, il y a cette trappe dans le coin, elle mène dehors... » « Et si les zombies se sont concentrés sur la porte au sud, il n'y en aura pas beaucoup au nord! » déclare sunkyr dont le visage s'illumine malgré la douleur. « Effectivement » répond laconiquement sourciere.

 

« Très bien, je vais y aller en éclaireur » déclare clouk se levant d'un bond « je t'accompagne! » lui lance woulfyr. Tous acquiescent. Ils savent que c'est leur dernière chance, et l'obscurité ne facilitera pas leur fuite. Les deux élcaireurs se glissent par l'entrée et reviennent quelques minutes plus tard: « En effet, il y a peu de zombies de ce côté » chuchotent-t-ils à leurs compagnons, « on peut peut être s 'échapper en courant... » Les citoyens reprennent espoir tandis que la tôle du toit de l'abri s'enfonce de plus en plus. « Il ne faut pas perdre une minute! » chuchote Shagshog sur un ton alerte. Les citoyens se succèdent tour à tour dans la petite trappe, mais alors que BouZeux se penche pour y descendre, le plafond cède et plusieurs zombies pénètrent dans le bunker encore occupé par Mnemosynea, Toxyn3, jeff86 et Shagshog. Jeff essaie de se glisser à la suite de BouZeux par la trappe mais un zombie lui saisit la jambe. Aussitôt Nodule se jette sur le zombie et le mord au bras, tandis que Toxyn3 s'empare d'une barre de fer qu'il assène sur la tête de l'écorché. Mais l'être immonde ne lâche pas prise et lance violemment le chien contre la paroi. Mnemosynea et Shagshog se sont aussi munis d'une barre de fer et les abattent sur les visages malades rendus encore plus effrayants à la lueur de la lanterne. Jeff crie de panique, ce qui ne fait qu'empirer la situation, les zombies du toit, attirés par le bruit commencent à se glisser par dizaines dans l'étroit passage. Bientôt jeff, pourtant défendu par Toxyn3, est tiré par d'autres mains décharnées. Toxyn3 ne peut plus lutter, il abat sa barre de fer mécaniquement mais bientôt jeff est tiré avec force et mordu dans la minute qui suit dans des hurlements insupportables.

 

L'entrée de la trappe est maintenant condamnée, les trois survivants et Nodule se replient vers le fond du bunker en frappant auhasard les chairs déjà meurtries et insensibles de leurs ennemis – dans les cris, la peur et la douleur. Acculée contre la paroi, Mnemosynea se fait mordre. Encore. C'est la fin. Epuisée, elle se laisse glisser contre la paroi, et les zombies s'emparent rapidement de ce corps sans énergie et étouffent ses cris de leurs râles jubilatoires. Bientôt, Toxyn3 et Shagshog, témoins malgré eux de cette atrocité, subissent le même sort, ils perdent tour à tour leur arme, Nodule qui a vaillamment bien que désespérément défendu son maître, s'est maintenant lové dans ses bras que les zombies les mordent de part en part. Shagshog quant à lui tente vainement de s'extirper des bras qui le saisissent et des chicots qui se fichent dans sa peau tandis que les zombies se repaissent de lui vivant. Au bout de quelques minutes, les citoyens ne sont plus. Le bunker n'est plus.

 

Pour les survivants, dehors, rien n'est gagné. Il faut traverser les défenses que les citoyens ont posé de jour et s'enfuir dans l'obscurité. « C'est pure folie » réalise maintenant sunkyr que la douleur a grandement affaibli. En effet, les citoyens vont devoir traverser la fosse à pieux, éviter les pièges à loups et le dynamitage posés dans la journée pour rejoindre le désert. « Ca revient à traverser un champ de mines » se désespère Brolin.

« Il faut y aller! » c'est Truth qui, mu par la peur, se lance en premier, descendant maladroitement dans la fosse à pieux, à l'aveuglette, s'arrachant des bouts de chair sur les objets tranchants, qui, ironie du sort, étaient destinés à leurs ennemis. Il est rapidement suivi par les autres. Tous franchissent la fosse à pieux sans encombres, bien qu'en y ayant laissé quelques lambeaux de chair. Clouk s'élance alors sur les défenses temporaires, suivi par les autres citoyens. Soudain, un cri: BouZeux vient de se coincer le pied dans un piège à loup. A quelques mètres, un « merde! » retentit, Halperin est piégé lui aussi. Les éclats de voix attirent bien entendu l'attention des non-morts et ils se dirigent en courant vers eux. Personne ne se retourne pour les aider – c'est chacun pour soi maintenant – les autres citoyens redoublent de vitesse, perdant toute notion de prudence, et fatalement clouk , Truth, woulfyr et Brolin trébuchent sur des pièges et se retrouvent face contre terre tandis que les écorchés alertés se ruent sur eux. BouZeux est rapidement submergé, le pied à moitié arraché dans un effort compulsif pour s'extirper du piège, il est rapidement mis à terre et dépecé dans un hurlement qui déchire la nuit, suivi de près par les hurlements d'Halperin. La horde se rue ensuite sur les trois citoyens tombés à terre qui n'ont pas le temps de se relever, les zombies sont sur eux et leur regard terrifié imprime cette dernière image: des visages pourrissants aux haleines viciées qui semblent éclater d'un rire sardonique amplifié par la lueur blafarde de la lune.

 

Ils ne sont plus que six. Nos rescapés ont traversé les défenses, ils courent maintenant dans le désert, chacun pour soi. C'est sunkyr qui tombe le premier, en gravissant une dune, épuisé par la douleur. Dans la nuit il voit l'ombre des hordes s'abattre sur lui et c'est les yeux fermés qu'il décide de rendre son dernier souffle tandis que les écorchés malmènent son corps fatigué et meurtri.

March', mt et zithum se dirigent tout trois vers l'ancien entrepôt, pensant y trouver un refuge. Lorsqu'ils y entrent, à bout de souffle, ils ne s'attendent pas aux quelques vingt zombies terrés dans l'ombre dont les yeux exorbités et aux vaisseaux éclatés luisent dans la pénombre, reflétant les rayons de la lune qui filtre à travers les poutres disjointes du plafond effondré. Ils se jettent sur eux, nos citoyens ont à peine le temps de se retourner pour fuir qu'ils sont agrippés et déjà écartelés par les zombies jaloux qui s'arrachent leurs membres.

 

Sourciere et alcadel courent, quant à eux, vers un promontoire de rochers. De là, ils pensent pouvoir les tenir à distance. Sourciere, moins leste qu'alcadel a des difficultés à escalader certaines parties de la roche. Soudain, il dérape, c'est l'horreur – alcadel se retourne et voit son concitoyen se faire dévorer, comme broyés par une mâchoire immense. « C'est la fin » pense-t-il. Alcadel arrive cependant au sommet du promontoire d'où il perçoit les ombres qui gravissent la roche. « Je suis le dernier » réalise-t-il avec effroi. Donnant des coups de pieds aux êtres difformes qui tentent de lui agripper les pieds, il est bientôt saisit lui aussi et son hurlement est le dernier souffle humain qui déchirera le ciel ce soir. La masse noir s'écoule enfin, apaisée, comme une tâche d'encre le long du promontoire. Bientôt les zombies se dispersent, cherchant quelques os mal rongés par leurs pairs.

 

Jour 28 – 8H30 – Le soleil darde ses rayons sur la place désertée des Forts. Quelques souvenirs du passage des êtres humains jonchent encore le sol, mais seront bientôt recouverts par le sable, et peut-être, redécouverts, plus tard, par d'autres. Il y a le collier d'un chien, fait de cordes souples, un vieux T-shirt ensanglanté avec des lettres effacés où on peut encore lire « so##ci### », le bras d'un ourson qui autrefois avait du être bleu mais qui tirait plus vers le gris maintenant...et une bannière, celle de la ville, celle...des Forts des Pouilleux.

 

 

 

 


FORTS DES POUILLEUX
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FORTS DES POUILLEUX

 

FORTS DES POUILLEUX - JOUR 1

 

Après une défaite cuisante aux Dévastations Grises de la Faim, notre groupe de citoyens, en pleine débandade, s'est enfui dans les montagnes, là où les zombies gauches et trop raides ne peuvent se rendre. Dans leur campement de fortune, ne se nourrissant que de lézards et de plantes mutantes aux racines dures comme le béton, nos citoyens ont passé beaucoup de temps à revoir leur stratégie. Cachés dans ces hauteurs, certains en ont profité pour méditer sur ce qui nous a tous amené là, dans ce monde hostile et dangereux. D'autres nous ont quitté, las de tout ce stress et cette rigueur et sont partis tenter leur chance ailleurs tandis que quelques-uns en sont sortis grandis.

Après une inertie assez pénible, dans des conditions ascétiques, avec pour seul occupation notre réflexion, nous sommes sortis de notre retraite, plus déterminés que jamais à fonder LA ville idéale. Notre chemin fut semé de rencontres et nous en profitèrent pour accueillir de nouveaux membres dans notre communauté, ceux qui visent le même idéal que nous.

 

Cela fait maintenant plusieurs jours que le désert nous accable, cachés dans les hauteurs ou les criques le jour, profitant de la fraîcheur de la nuit pour continuer note route et tromper les écorchés qui se dressent sur notre route.

 

Cette nuit est particulièrement claire, « c'est de bon augure! » lance mt151 d'un air convaincu. Il semblerait que notre nouveau membre n'ait pas eu tort puisque vers 1H15, nos éclaireurs, clouk et woulfyr, aperçoivent au loin la silhouette d'un bâtiment. La caravane s'arrête et les deux pisteurs partent explorer avec prudence l'édifice. Une dizaine de minutes plus tard, la lueur de leurs flambeaux faiblards s'agitent dans la nuit noire indiquant aux chefs de coalition que la voie est libre. Ces derniers ne perdent pas de temps et marchent immédiatement à leur rencontre:

« On dirait un ensemble de vieux forts » annonce clouk, « j'ai l'impression que c'est un endroit idéal pour une défense efficace ». « Les habitations ne semblent pas en trop mauvais état, » renchérit woulfyr, « avec quelques aménagements on devrait pouvoir s'y installer cette nuit ». Après un vote rapide, le nouveau site est adopté à l'unanimité et c'est d'un pas pressé qu'une vingtaine de silhouettes curieuses investissent les lieux.

 

Le site est assez impressionnant, trois hautes tours dont l'une est en partie effondrée se dressent en triangle, retenues entre elles par des palissades moisies mais encore assez solides. L'intérieur du site paraît relativement intact: du côté Est semble se dresser une ancienne salle de garde et plusieurs grandes autres pièces sans doute destinées à un usage commun, tandis que du côté nord des petites cabanes individuelles inégales se dressent comme des petits champignons variés en rangées maladroites contre les palissades. A l'ouest gisent des matières premières et les bâtisseurs – dont la TEAM EXTREM MAKEOVER de teek – se dirigent directement vers cette partie pour ériger d'emblée leur zone de travail.

Les prospecteurs quant à eux s'affairent à se trouver une place dans les cabanes et en une heure à peine, les lieux ont pratiquement tous trouvé une fonction. En ces temps difficiles, personne ne fait la fine bouche lorsqu'il trouve un toit décent et un matelas défoncé.

 

En ville l'organisation bat son plein. Alcadel se propose comme laborantin, ce qui ne soulève aucune objection.: « Il me faut un genre de cave pour tous les produits photosensibles » annonce-t-il d'un air expert. « J'ai aperçu une trappe qui ouvre sur un genre de sous-sol près des chantiers, tu devrais trouver ton bonheur par là! » lui répond alextho17. Notre citoyen se dirige alors immédiatement dans la direction indiquée. Effectivement, en descendant l'escalier en colimaçon, armé d'une torche, il découvre un genre de cave où s'alignent deux vieilles tables en chêne où s'amoncelle un volumineux bric-à-brac. Aidé par Nimp0rtequi, alcadel remonte ses manches pour nettoyer l'endroit une fois pour toute. Mais, alors qu'ils allaeint commencer, ils entendent un bruit suspect vers le fond de la cave. Les deux citoyens s'arment respectivement sans bruit d'une barre de fer rouillé et d'un pied de chaise moisi et se dirigent lentement vers le fond...mais quelle n'est pas leur surprise en atteignant le mur: « sourciere, qu'est-ce que tu fous là?! Tu nous as foutu les jetons! » Et sourciere de rétorquer avec son ricanement légendaire: « héhé, j'ai trouvé de quoi m'abreuver pour quelques jours! » et c'est dans un bruit assourdissant de bouteilles qui s'entrechoquent que ce dernier remonte à la surface, un sourire jusqu'aux oreilles.

 

A la surface, une rixe explose, plusieurs citoyens veulent s'occuper de la cuisine, et cela sans conditions. Il faut dire que la place de cuisinier est une place de choix: toujours à l'abri du soleil, dans les parfums des plats mijotés, il semble naturel que beaucoup de citoyens convoitent ce poste avec avidité. Mais cette fois, il y a tellement de volontaires que nos rois de la fourchette en viennent presque aux mains, sortant tout leur matériel et la liste des bons petits plats déjà réalisés comme preuve de leur valeur. Au final cependant, l'effervescence retombe et trois personnes sont vraiment intéressées. Il est alors décidé que le poste de cuisinier sera tiré aux dés. C'est Truth, déjà surnommé « grand pâtissier du désert » par ses pairs, qui dans un cri de joie, est choisi par le hasard pour nous régaler tous les jours. L'air plus que satisfait, les yeux brillants et le visage ému, Truth sort alors très professionnellement son tablier souillé et sa toque grisâtre et se dirige vers une grande salle qui semble avoir été un genre de réfectoire. Il y trouve effectivement rapidement quelques ustensiles qui viennent compléter sa collection déjà impressionnante et commande aux prospecteurs quelques outils à ramener en priorité que son commis, tifrere60, s'empresse d'aller apporter à Shagshog. Ce dernier fronce les sourcils en lisant la note: « pffff, regarde-moi ça sunkyr, « à ramener: un four, un frigo, un canif JAUNE », comme si on avait que ça à faire! » Et c'est en bougonnant que l'expédition s'éloigne, bien déterminée à trouver d'autres choses plus utiles, armée de pelles, de pioches et de sacs.

 

L'après-midi avance et BouZeux, le télégraphe de la cité, reçoit un message d'un des prospecteurs: une scie a été déterrée! C'est en trottinant, l'air ravi, que ce dernier crie le message à tue-tête dans le fort, allant jusqu'à déranger teek, en pleine préparation de sa salle CSA.

 

Cette nouvelle ravit les citoyens et en particulier la team de choc des bâtisseurs de teek, qui, avec leur zèle quasi-légendaire, ont déjà construit l'atelier et la Tour de Guet. La scie est accueillie comme une relique, et dispose de son emplacement réservé dans l'atelier, comme tout outil indispensable. Rapidement, un tableau noir est érigé du côté des chantiers, où les instructions du jour sont notées, supervisées par Jojo30. Teek met en place un registre pour réguler l'utilisation du puits et une réserve est inaugurée dans la soirée pour stocker toutes les réserves et autres objets utiles trouvés dans le désert.

 

Cette première journée passe finalement relativement rapidement, et, en début de soirée, les citoyens sont témoins d'une scène cocasse: deux chiens faméliques et quelques chats malingres se pressent autour du réfectoire, irrésistiblement attirés par le parfum des mets succulents préparés par notre pâtissier en chef. Les pauvres bêtes parasitées gémissent et miaulent pour obtenir les restes des citoyens arborant leur regard le plus implorant. « Heureusement que l'odeur n'attire pas les zonzons! » lance sunkyr en riant. Plusieurs citoyens s'attendrissent et offrent une partie de leur repas aux bêtes affamées qui pour certaines adoptent immédiatement leurs nouveaux maîtres. « Vous n'allez tout de même pas garder ces sacs à puces?! » s'insurgent certains. Mais en ces temps difficiles, la compagnie des animaux est un refuge pour nos citoyens, une autre présence amie qui les rend relativement plus heureux.

Malgré cela, certains réagissent avec moquerie et vers 21H, nos habitants encore dehors aperçoivent un étendard battant le vent sur lequel est grossièrement écrit « FORTS DES POUILLEUX ». « C'est malin... » murmure Toxyn3 en caressant la tête de son nouvel animal de compagnie.

 

La journée prend fin sans le scrutateur, le fameux composant électronique manque encore à l'appel tandis que le soir tombe, mais les citoyens sont confiants, ce soir, les zombies ne savent pas encore qu'ils sont là, demain ils auront peut-être plus de chance...Chacun se couche assez serein malgré l'absence du composant. Ce soir, l'air est doux et respirable...mieux vaut en profiter.

 

 

FORTS DES POUILLEUX – JOURS 2 à 6

 

A l'aube de ce sixième jour, les citoyens se lèvent sûrement mais paresseusement...Le planificateur a prévu une grosse attaque pour aujourd'hui et nos habitants savent qu'une dure journée de labeur aux chantiers les attend. Depuis le premier jour, les diverses constructions font débat et chacun y va de sa petite recette miracle. Le fait est qu'aujourd'hui au moins, nus sommes sûrs d'avoir à ériger de grosses défenses, pour le plus grand plaisir de jeff86 qui, levé depuis 4H du matin, perché sur un monticule de planches inégales, taille des pieux en sifflotant: « La muraille à pointes c'est mon chantier favori! » annonce-t-il avec un clin d'oeil à BouZeux qui, les cheveux hirsutes et le pas lourd, se dirige avec peine vers le réfectoire pour déjeuner, pas très sûr du sourire timide qu'il affiche.

Au réfectoire, les conversations vont bon train sur les prochaines attaques tandis que les citoyens engloutissent le rat sur son lit de melon d'intestin confit que Truth leur a mitonné. Ce dernier est d'ailleurs rayonnant depuis qu'il a fini d'équiper sa cuisine et passe ses journées à imaginer de nouveaux plats. Avec ses commis, qu'il envoie chercher des ingrédients, il rivalise de finesse et de surprise. Ce matin, il se promène d'un pas léger de table en table, demandant à chaque convive si le repas est à son goût.

Sur les chantiers, avant de partir en expédition, Jojo30 a réuni la team de l'extrême et les volontaires pour donner ses dernières recommandations: certains citoyens sont tout ouïs et n'osent pas faire d'objection ou ne serait-ce que bouger, tel Fundor, sagement assis au premier rang, tandis que d'autres, habitués aux harangues de notre Jojo, ne se font pas de mauvais sang: on pourra notamment remarquer Nimp0rtequi qui sirote un verre de lait de cactus affalé contre une planche moisie, rêvassant à on ne sait quoi, ou encore Zithum, occupé à aiguiser son couteau à beurre. « Qu'est-ce que tu fais Zithum? Tu vas aller découper des zonzons? » demande BouZeux, impressionné. « Non, non, je vais aider Truth aux cuisines, il m'a nommé second commis! » déclare fièrement Zithum, bombant le torse. « Trop la classe! » s'exclame BouZeux, un peu jaloux, « Moi, je suis toujours de service à la Tour de Guet, mais c'est cool parce que maintenant il y a le planificateur et clouk, il m'a montré comment ça marche, et y'a plein de boutons, tu vois, pour régler, et c'est pas facile, mais ben, clouk, il m'a tout appris et il m'a dit que j'étais très doué! » explique BouZeux du haut de ses 7 ans, bien décidé à se vanter aussi un peu.

Après « le sermon du père Jojo » comme a été surnommé cet épisode quotidien chez les builders, les chantiers s'animent et atteignent rapidement leur vitesse de croisière. Jeff86, ayant terminé ses pieux, les garnit maintenant de sang de poulet sous les yeux dubitatifs de Mxblt, ingurgitant sans y penser un plat de nouilles épicées: « C'est pour qu'ils soient attirés et qu'ils s'empalent » explique indifféremment jeff86. C'est alors que Truth sort des cuisines, rouge de colère, et interpelle mxblt: « eh toi! Ça va plus non?! Vider une gourde d'eau potable pour faire tes nouilles, tu as pété un câble! Ca ne sera pas passé sous silence! » Mxblt, étonné, le regarde sans comprendre. « Pffff, bien joué! » lance mt151 et ajustant son sac à dos pour sortir tandis que Truth, trop en colère pour en dire plus, repart consigner cet acte de barbarie infâme dans le dossier « eau » de teek.

Vers 11H30, une explosion rompt le quotidien de nos citoyens. Plusieurs d'entre eux dévalent la courte pente qui sépare les chantiers des habitations en direction de la déflagration et réalisent rapidement qu'elle provient du laboratoire d'alcadel. Une fumée épaisse et noirâtre s'échappe des planches mal jointes de la trappe au moment où tifrere60 et marchombre86 l'ouvrent pour libérer les infortunés scientifiques probablement piégés dans l'obscurité. Après quelques secondes à peine, deux têtes couvertes d'un liquide visqueux et grisâtre surgissent dans l'encadrement, toussant et crachant de la poussière: « Ca va, on est vivant! » déclare alcadel d'un ton agacé en se dégageant un passage: « c'est alextho17 là encore! Il a foiré sa préparation! Il a mélangé un médicament sans étiquette au lieu du produit pharma...bien joué, maintenant on va devoir tout nettoyer et on va avoir un jour de retard sur la production de twinoïdes, ah bravo! Tu iras expliquer ça à Shagshog et à Mnemo tiens! » dit alcadel en haussant la voix, pointant un doigt accusateur vers son préparateur. « J'ai pas fait exprès, c'est pas si grave...je recommencerai plus! » geint alextho17 très gêné. « Oui, il ne faut pas être si dur, alcadel, ça arrive même aux meilleurs! » lance teek, compatissante. « Tant que ça ne m'est pas arrivé, cette phrase n'a pas lieu d'être » lance alcadel sur un ton acerbe. « Si vous voulez on peut jouer le poste de laborantin aux dés... » propose un citoyen déjà prêt à ouvrir la boîte de jeux de société poussiéreuse qu'il tient sous le bras. « Alors là c'en est trop, je vais aller me calmer sur quelques zonzons » hurle alcadel, poussant le citoyen qui renverse sa boîte de jeu sur le sol: « Mes pions! » crie ce dernier sur un ton hystérique en se jetant sur le sable.

Plus tard dans l'après-midi, alors que Brolin longe les barricades hérissées de pointes pour se rendre à l'ouest de la ville afin de déterrer quelques souches, il est surpris par des déclamations assez étranges. Il surprend alors woulfyr, le pied posé sur une structure métallique, à la manière d'un Cyrano de Bergerac, la pioche attachée dans le dos, telle une épée de fortune, en train de réciter une ode aux zombies: « O zombies putréfiés, aux corps abîmés et aux cervelles liquéfiées... » Cer dernier s'arrête net en apercevant Brolin, qui, interloqué, a laissé tomber sa pelle sur le sol. « Ben quoi? Qu'est-ce que tu regardes, le jeunot? Ramasse ta mâchoire qui pendouille et va creuser un trou, on est pas là pour se regarder dans le blanc des yeux! ». Sur ce, woulfyr s'équipe de sa pioche et continuer à attaquer la roche, un peu au hasard. Il faut avouer que le comportement de notre éclaireur est assez étrange ces derniers temps, plusieurs ont dit avoir aperçu un zombie apprivoisé chez lui, vêtu d'un T-shirt « sourciere ». malgré la haute improbabilité de ce fait, les soupçons semblent se confirmer, car l'odeur qui se dégage de sa hutte ne peut provenir que d'un de ces êtres putrides. « Ca ne peut pas être un animal, ça grogne de façon trop étrange pour ça » affirme Toxyn3 à ses compagnons de fouille un peu plus loin.

En expédition, le climat est moins tendu, entourée de zombies, et censée ramener des plaques de tôles, Mnemosynea ne trouve rien de mieux à faire que d'utiliser les pauvres créatures sans cervelle comme cobaye de laboratoire en versant divers ingrédients – comme la poudre-comète ou les sachets d'épices fortes – à même la chair des écorchés. « pffff quelle gamine! » murmure sunkyr pour lui même, en traînant une porte en métal rouillé derrière lui. Du côté de l'expédition de Shagshog, ça n'est pas beaucoup mieux puisqu'après un pari stupide - « qui se tapera la fouille en plein soleil », sourciere et Jojo30 se séparent du groupe pour rentrer en ville. Shagshog, mauvais joueur, plante clouk l'éclaireur tandis que ce dernier est derrière une dune à évaluer le meilleur chemin pour rentrer, tout cela au beau milieu d'une horde: « de toute façon il est éclaireur, il sait se débrouiller tout seul » marmonne Shagshog pour se donner bonne conscience.

Heureusement, plus tard dans la soirée, les esprits trop frappés par le soleil semblent apaisés. Seul un citoyen déroge à la règle, Mxblt, qui, arborant un air sûr de lui, bien qu'essoufflé, s'adresse à Nimp0rtequi : « J'ai pas arrêté! J'ai déjà rentré des souches six fois aujourd'hui et je suis même pas fatigué! Admirez le maître! » et Nimp0rtequi de lui répondre d'un air incrédule: « tu t'es pas dit que tu pouvais en ramener plusieurs à la fois? » « Ah non... » répond Mxblt, l'air tout à coup un peu moins fier. « Ben, penses-y la prochaine fois... » lui dit Nimp0rtequi sur un ton las. « Merci, t'es un frère! D'ailleurs je me demandais...tu sais où elle vit la fille là-bas, à côté de la taverne ? » Sur ce, Nimp0rtequi pousse un soupir de désespoir et rentre chez lui, fatigué de cette journée plutôt cocasse.

23H - La nuit tombe sur les Forts, une douce brise vient caresser le visage des citoyens, qui, assis en tailleur autour d'une torche, jouent aux dés ou aux cartes. Quelques mugissements se rapprochent, et des piétinements précipités sont maintenant clairement audibles. Les « pouilleux », comme ils s'appellent gentiment entre eux, ne sont pas encore tout à fait effrayés par les attaques et savent qu'ils ont encore une longueur d'avance...chacun profite des dernières belles nuits comme il se doit, avant...avant qu'elles ne soient plus que hurlements et pestilence.

 

 



DEVASTATIONS GRISES DE LA FAIM
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Dévastations Grises de la Faim – Jour 1

 

Une brume s'est levée sur le désert. Notre caravane, toujours en quête de l'emplacement qui fera d'eux des citoyens légendaires, scrute la nuit avec difficulté. Quelques torches s'allument, éclairant péniblement les quelques mètres devant nous. Soudain, nos éclaireurs, clouk, teek et woulfyr se manifestent, ils ont trouvé des ruines à quelques centaines de mètres: « On dirait un immense entrepôt abandonné, le sol est bétonné, même s'il est pas mal fissuré. » annonce woulfyr.

 

Les chefs de coalitions se réunissent donc pour inspecter les ruines. « Le sol en béton est une bonne base pour installer nos fortifications » lance alcadel. « Oui, nous ne risquerons pas de se retrouver avec un affaissement de terrain... » commente Mnemosynea en connaissance de cause. « Bien, installons-nous ici alors! » se réjouit Twister31, déjà prêt à jeter son sac trop lourd.

 

Aussitôt dit, aussitôt fait, les citoyens investissent les lieux et certains commencent à faire leurs tentes. Deiuszeus, ayant repéré ce qui semblait être un coin cuisine, fait signe à Truth de s'y installer et s'ingénie à monte un bar à a partir des matériaux à disposition. Les bâtisseurs s'emploient déjà, quant à eux, à édifier et à renforcer les murs de l'enceinte à force de planches poussiéreuses et de gravas qu'ils assemblent du mieux qu'ils peuvent.

 

Un heure plus tard, les prospecteurs sont réunis autour des tables de la taverne improvisée. Sourciere, un lait-fraise à la main – ce qui engendre quelques regards perplexes – propose d'inspecter le sud-ouest avec Shagshog, Jojo30, clouk et sunkyr. Shagshog, prenant un air inspiré, regarde la carte d'un oeil dubitatif, calcule vaguement les distances à parcourir à l'aide d'un compas fait maison et s'en remet à son compagnon de route d'un hochement de tête.

 

Suivant la dynamique qui caractérise les nouvelles villes-champignons, deiuszeus, motivé, ayant déjà installé tout son bar, s'en va placarder sur tous les murs de la ville en cours de consolidation les règles du « Grand Livre du Citoyen », « comme ça personne ne pourra dire qu'il était pas au courant » commente-t-il laconiquement. Au cours de l'heure qui suit, des petits groupes d'expédition se forment et les prospecteurs s'éloignent peu à peu de la ville tandis que le soleil se lève.

 

Entre nos nouveaux murs, BouZeux fait le tour du propriétaire, un peu déçu, et commente: « C'est moche, c tout gris et pis c'est tout cassé ». A ces mots, Sayanal ne peut réprimer un éclat de rire et, se saisissant d'un bout d'étoffe usée, y inscrit: « Dévastation Grise ». « Voilà, » dit-il d'un air satisfait, « ça sera le nouveau nom de notre ville! » et d'un pas assuré, ce dernier s'en va placer l'étendard sur le plus haut mur de l'enceinte, manquant plusieurs fois de tomber en s'agrippant aux murs encore fragiles.

 

Au fur et à mesure que la journée s'écoule, les prospecteurs découvrent des bâtiments abandonnés qui ressemblent fort à celui que nous avons décidé d'occuper: deux supermarchés pillés, une épicerie fargo et un mini-market. « Eh bien, au moins on ne mourra pas de faim! » commente en riant g30ffr3y. Effectivement, il semble que nous nous trouvions dans un complexe qui jadis devait être un centre commercial.

 

Le soir tombe et les habitants rentrent satisfaits mais harassés par cette première journée... Certains trouvent cependant encore la force de s'amuser un peu. En effet, Truth, d'humeur mutine, va chercher le fanion et le complète avant d'aller le placer en haut de la tour de Guet que nos bâtisseurs ont bien évidemment terminée, pour le plus grand plaisir de Bouzeux: « Dévastations Grises de la Faim ». « Je trouve que ça colle bien avec l'endroit, » dit Truth en souriant, « d'ailleurs j'aurais besoin d'un canif dérisoire, d'un four et d'un frigo pour vous concocter de bon petits plats! » ajoute-t-il en lançant un regard vers les prospecteurs, qui harassés, se rafraîchissent à la taverne et accueillent la liste de course avec peu d'enthousiasme.

 

La journée se termine sereinement, avec le sentiment d'un bon début: « les zonzons n'ont qu'à bien se tenir! » s'exclame joyeusement tifrere60. « Sauf qu'il nous manque toujours un composant électronique pour monter le scrutateur... » complète sunkyr, l'air assombri. « Et une scie... » entend-on du côté des chantiers...

(la suite est arrachée...)

 

 

 


Bas-Fonds Corrompus - Jours 6 à 24 (ville 5)
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Bas-Fonds Corrompus – Jour 24, notre dernier.

Ce matin, lorsque les citoyens se sont levés dans une odeur pestilentielle, ils ont su que leur dernier jour était arrivé. La puanteur est insupportable, elle recouvre la ville comme un poison lent que seul l'intrusion des êtres impies cette nuit précipitera.

Malgré tout, les citoyens s'attèlent à la tâche: ils édifient des chantiers temporaires, défenses précaires mais qui retiendront peut-être quelques zombies loin de nos murs. Chacun s'affaire donc autour de la ville ce matin tandis que Truth, clouk, Shagshog et sunkyr partent courageusement dans le désert affronter les zombies pour rapporter nos derniers objets de défense. D'autres citoyens auraient aimé les suivre, mais ce n'est pas possible, nous n'avons plus d'eau et notre choix hier soir était cornélien: boire ou se défendre. Nous avons choisi de nous défendre aujourd'hui, les lèvres craquelées et les gorges sèches que même l'alcool le plus doux de la taverne ne peut apaiser.

Cette dernière journée dans l'atmosphère suffocante de putréfaction conduit nos citoyens aux excès. Certains ne sont pas sortis de chez eux et ont passé la journée à renforcer leurs défenses personnelles, à se barricader. Pire, d'autres restent prostrés dans un coin sombre de leur baraque, attendant la mort. D'autres tentent d'échapper à la réalité en ingurgitant au péril de leur vie des médicaments sans étiquettes espérant vaguement que celui-ci ou celui-là les aidera à oublier. Enfin, une autre partie de la population noie ses peurs dans des litres d'alcool à la taverne.

Vers 20H, une partie des citoyens – celle qui n'est pas encore tétanisée par notre sort – est réunie à la taverne, ils savent qu'ils ont tous de maigres chances de survie et se répartissent les défenses à assurer dans la ville. Il est décidé d'un commun accord qu'une fuite hasardeuse par les tunnels doit être notre dernière solution. Une grande partie des citoyens devront faire fonctionner les machines de guerre que nous avons rapatriées à l'intérieur et montées sur pivot au centre de la ville afin de pouvoir contenir chaque percée des hordes d'où quelles viennent. « BouZeux, pataate, marchombre86 et moi allons nous poster à la Tour de Guet, on vous alertera des percées des zombies, et les enfants seront les premiers à emprunter les tunnels si.... » mais Nimp0rtequi ne peut terminer sa phrase tant cette pensée le fait frémir. Les autres citoyens hochent la tête, l'air grave. « Je m'occupe des scies hurlantes » propose deiuszeus d'un air déterminé. « Très bien, Truth, tifrere60, sourciere, sunkyr, clouk et moi manoeuvrerons le lance-tôle, la perforeuse et le canon à briques » déclare Shagshog. « Et bien, Toxyn3, teek, Sayanal, alcadel et moi utiliserons la robinetterie pour faire marcher les arroseurs automatiques, le sani-broyeur, le vaporisateur de rue et les aqua-tourelles jusqu'à épuisement de l'eau recyclée » annonce Mnemosynea l'air sombre. « Le reste des citoyens qui s'en sent la force doit s'armer avec ce qu'il peut et rester derrière les défenses. Vous devez vous tenir prêts à vous battre quand nous aurons épuisé nos armes les plus destructrices.... » explique Truth pour terminer.

22H – Après ces derniers mots à la taverne, les guerriers-machinistes rejoignent leur poste, munitions à portée de main, préparées depuis ce matin par les bâtisseurs. Une partie des citoyens se sont barricadés chez eux, espérant passer inaperçu, tandis que d'autres se sont armés jusqu'aux dents de torches consumées, de lance-piles, de pistolets à eau et d'autres armes de fortune.

23H – « Les meutes approchent... » murmure sunkyr en chargeant le canon à briques. En effet, les mugissements lointains se sont rapprochés et les quelques 3500 zombies qui sont venus nous chercher couvrent maintenant le bruit de nos voix de leurs hurlements bestiaux, créatures affamées et enragées... Une pluie de coups violents commence à s'abattre sur les chantiers temporaires parsemés aux abords de la ville – nos murs ne tremblent pas encore, mais nos corps las mais résignés ne peuvent contenir les leurs. « Les défenses ne tiendront pas longtemps... » annonce alcadel en percevant l'avancée des hordes qui progresse vers nos murs.

00H00 – De la Tour de Guet, pataate et BouZeux sont témoins de l'inefficacité des chantiers temporaires. Certes, plusieurs zombies se retrouvent coincés par les pièges à loups mais: « Ils s'arrachent le pied! » gémit BouZeux, horrifié. En effet, les zombies continuent à avancer, immunisés à la douleur. Ils traversent le Mont-Pointu et les champs piégés, se transperçant de part en part, mais continuent d'avancer, irrémédiablement. Les divers pièges de la guérilla ne bloquent eux aussi que des non-morts isolés, comme les appâts d'ailleurs...à quoi bon bloquer une ou deux centaines de non-morts lorsque plus de 3000 d'entre eux se dirigent avec fureur sur nos murs?

Ils atteignent les douves hérissées de pieux, mais sont tellement nombreux que le fossé est rapidement plein et les zombies qui les suivent marchent maintenant sur les restes de leurs pairs pour atteindre nos défenses permanentes. Ils sont maintenant contre nos murs...la ville commence à trembler sous le martèlement incessant, les citoyens qui ont choisi de se cacher se recroquevillent plus encore tandis que nos habitants armés serrent un peu plus fort l'objet plus ou moins efficace qui leur sert d'arme. « Ils ne vont pas tarder à entrer, les murs tremblent...regardez! Ils se fissurent là-bas! » hurle Sayanal, inquiet.

Ces suppositions sont malheureusement vite confirmées: « Percée à l'Est! » hurle Nimp0rtequi à Shagshog. Aussitôt, ce dernier fait signe à ses soldats malgré eux de se tenir prêts et dirige le lance-tôle vers l'Est. Dès la chute d'un des renforts de la muraille Est qui crée immédiatement une entrée de choix pour nos ennemis, sourciere commence à animer la perforeuse qui lance une salve de clous rouillés à une vitesse vertigineuse, transperçant et faisant vaciller les premiers zombies qui se sont précipités à l'intérieur. Après cette première rafale, et tandis que clouk recharge la machine de guerre, Truth met en marche le canon à briques, projetant des bouts de roche sur des zombies qui en perdent l'équilibre, un bras, une jambe, voire la tête. Mais l'hémorragie putrescente se répand par la muraille comme la peste, Shagshog choisit alors de lancer quelques tôles qui atterrissent sur des groupes d'une dizaine de zombies et les écrasent dans un bruit écoeurant.

Cependant, bientôt, une autre partie de la muraille se fissure, et tandis que quelques zombies de la première percée tentent déjà d'atteindre la tour de Guet hardiment défendue par pataate et Bouzeux qui les accueillent au lance-pile, Nimp0rtequi hurle de toutes ses forces: « Le sud-est va céder! »

A peine a-t-il le temps de finir sa phrase qu'un craquement retentissant fait voler en éclats les renforts d'urgence apportés à la muraille sud-est, et laisse entrer une autre marée de non-morts hurlants, surexcités. C'est deiuszeus qui les accueille en lançant les scies hurlantes, découpant en tranches tous les zombies qui se sont précipités sur lui. La zone est rapidement couverte par les Aqua-Tourelles manoeuvrées par alcadel qui se débarrasse d'une centaine d'ennemis en quelques minutes. Mnemosynea a, quant à elle, activé les arroseurs automatiques et les dirige maintenant vers l'équipe de Shagshog pour qui les divers projectiles ne suffisent plus à contenir le flot incessant qui se dirige vers eux.

Malheureusement, quelques maisons de citoyens sont vite prises d'assaut: on entend soudain hurler LN81 puis dans les minutes qui suivent un autre citoyen, peut-être 44fox... Leurs hurlements sont bien vite étouffés par les glapissements exaltés des zombies se repaissant de chair fraîche, horrifiant encore plus les citoyens.

Du côté des machines à projectiles, tifrere60 a pris le relai au lance-tôle tandis que Shagshog et sunkyr fixent deux autres grosses plaques dans la catapulte. Sourciere est toujours occupé à percer, visser, clouer les cadavres ambulants mais leur progression est rapide. « Va falloir se replier autour des tunnels! » hurle sunkyr entre deux salves de briques et de rochers qui font reculer de quelques pas la première ligne qui avait presque atteint le canon des machines. « Faut attendre la fin des stocks d'eau avant de se replier! » hurle Truth en réponse. Le vaporisateur de rue, maintenant activé par Toxyn3, brûle une centaine de zombies dans un brouillard verdâtre et âcre qui racle la gorge. Teek achemine quant à elle les dernières réserves d'eau recyclée jusqu'aux réservoirs des machines à eau qui ne sont plus qu'à demi-pleins.

« Percée au Nord-ouest! » hurle Nimp0rtequi, affolé, tandis que marchombre86 décharge son devastator – confisqué à un citoyen banni – sur un petit groupe de non-morts qui est immédiatement propulsé en arrière: « pataate, BouZeux! Descendez dans les tunnels tant qu'ils sont tenus à distance, il ne me reste plus beaucoup de munitions! » « Non, on vous laissera pas tomber, on est des guerriers! » crie pataate à son père, le coeur battant. « Ne dites pas de bêtises, descendez, c'est un ordre! » lance Nimp0rtequi sur un ton péremptoire. Les enfants descendent alors dans les tunnels, le coeur lourd, prêts à guider leurs pairs le moment venu. Au-dessus d'eux, le sol martelé par les non-morts en furie génère des nuages de poussière ici et là, et le bruit du combat est assourdissant, même amorti par la couche de roche qui les surplombe: « Tu crois qu'on va s'en tirer pataate? » demande désespérément BouZeux, cédant à la panique et sanglotant dans les bras de son frère. « T'inquiètes pas BouZeux, on va leur survivre! » tente de le rassurer pataate, sans conviction.

A la surface, les scies hurlantes de deuiszeus commencent à devenir inefficaces – tellement de zombies se sont jetés dessus que beaucoup d'entre elles sont enrayées par l'entassement des chairs putréfiées. Deiuszeus sort alors son Camillus et se recule au niveau des autres machines afin d'optimiser son efficacité au corps à corps.

Une partie des citoyens se sont déjà repliés vers les barricades aménagées autour de la tour de guet. Sur les toits de ce quartier condamné se dressent woulfyr, Halperin, GabTB et Actifmax qui vident leurs pistolets à eau sur les zombies trop téméraires.

Mais la troisième percée des zombies ne se fait pas attendre: dans un fracas effroyable tout un pan de muraille s'effondre: c'est comme si les zombies avaient réussi à dévisser les écrous qui maintenaient cette partie en place. Le résultat ne se fait pas attendre, une vague monstrueuse et vociférant dans des grimaces effrayantes s'étend sur la ville, coupant toute retraite aux citoyens qui maniaient les machines de guerre et qui n'ont d'autre choix, après avoir vidé leurs dernières tôles, briques, clous et jets d'eau, de grimper sur les toits des maisons adossées au mur sud-ouest.

Cette troisième vague s'abat comme une malédiction et emporte en quelques minutes certains de nos citoyens qui n'ont pas le temps de rejoindre l'un ou l'autre groupe... c'est ainsi que Jjth, alextho, jeff86, Jouer3 et Twister31 périssent submergés dans leur fuite par les monstres impies qui les encerclent en quelques secondes.

Que ce soit près de la Tour de Guet ou sur les toits de la partie sud-ouest de la ville, la bataille fait rage. Sayanal et alcadel, partageant le même toit tentent de balayer les zombies qui s'évertuent à les rejoindre: Sayanal lance des morceaux de souche pointus qu'il arrache de la muraille à pointes tandis qu'alcadel épuise ses pistolets. Près d'eux, tifrere60 et Truth se sont munis de pieux en métal et les font tournoyer pour faire tomber les zombies qui tentent de les agripper. Mais c'est peine perdue, bientôt, deux zombies ont réussi à grimper sur le toit attrapant par surprise tifrere60 qui se retourne et poussant un hurlement de terreur et de rage, donnant un violent coup derrière lui. Déconcentré, Truth veut l'aider, mais ces quelques secondes d'inattention lui coûtent la vie: un non-mort a agrippé son pieu et l'arrache violemment de ses mains. Tandis que Truth recule, horrifié, six zombies les ont rejoint et se jettent sur eux. Les coups portés sont inutiles, et les cris de nos compagnons déchirent le ciel noir d'encre.

Voyant les machinistes perdus, les citoyens qui se sont repliés derrière les barricades protégeant les tunnels, eux aussi assiégés de toute part, décident de tenter leur chance dans les galeries tant qu'ils le peuvent encore...Couverts par woulfyr et Halperin, les citoyens se précipitent un à un sous terre. Malheureusement, les zombies s'étant aperçu du retrait des citoyens, redoublent de violence et s'abattent avec hargne sur les barricades qui cèdent, leur offrant les deux guerriers qui tentent vainement d'échapper aux mains griffues qui les lacèrent et étouffent bientôt leurs cris...C'est les yeux baignés de larmes que Nimp0rtequi rabat la trappe et la sécurise du dessous. « Et maintenant? » murmure marchombre86 tremblant de tout son corps. « Maintenant laissons le destin guider nos pas... » chuchote Onthaal en suivant pataate et BouZeux qui les conduisent dans le dédale de couloirs.

A la surface, les survivants n'ont pas remarqué la retraite de leurs concitoyens et s'évertuent à découper, frapper et assurer leur position précaire pendant quelques temps encore. Mais les hordes sont de plus en plus nombreuses et commencent à éviter les coups, certaines créatures semblent se concerter par gémissements et cris inhumains...soudain une dizaine de non-morts bondissent en même temps sur le toit occupé par Mnemosynea, Toxyn3, teek et clouk. Surpris, Mnemosynea, clouk et teek, ont un moment d'hésitation qui leur est fatal: ils sont rapidement agrippés par les non-morts qui les poussent avec force pour que d'autres puissent envahir leur retraite. Les citoyens se retrouvent face contre terre y compris Toxyn3 emporté dans l'élan de la deuxième vague...les zombies se jettent sur eux, clouk tentent de donner des coups de pied bien vite maîtrisés par d'autres non-morts tandis que les hurlements de peur des trois autres citoyens font frémir ceux qui sont encore debout. Ils n'ont le temps que d'apercevoir des membres qui s'agitent désespérément, appelant à l'aide, inutilement.

Bientôt c'est au tour de Sayanal et d'alcadel d'être submergés et emmenés. Les Bas-Fonds ressemblent à un immense échiquier duquel on ferait tomber les pions, un par un. Deiuszeus, seul sur un toit, ne peut bientôt lui non plus contenir les hordes qui le harassent et se fait emmener, continuant à donner des coups jusqu'à disparaître dans la masse informe qui infeste la ville. Shagshog, sunkyr et sourciere commencent à fatiguer, les coups se font moins puissants, plus lents. Les zombies, malgré leur cerveau aux capacités réduites, l'ont remarqué, et bientôt ils arrivent à grimper sur la toiture, saisissant les trois habitants qui malgré les coups et les cris ne connaissent pas une fin meilleure.

La ville est maintenant vide d'êtres sensés...sous la surface, pataate et BouZeux sont déconcertés, en effet, les galeries qu'ils avaient repérées sont bouchées par des éboulements. La masse énorme de zombies ayant investit la ville a provoqué un certain nombre de chutes de pierres, ce qui ne rassure pas nos citoyens, autant tétanisés par le fait de mourir écrasés que de remonter à la surface... Résignés, nos habitants se serrent les uns contre les autres dans un boyau, Onthaal priant pour le salut de tous. Un éboulement à gauche fait tressaillir les citoyens, marchombre86 se recroqueville un petit peu plus tandis que g30ffr3y se prend la tête dans les mains...Les zombies au-dessus d'eux redoublent de violence, on les entend arracher les planches des baraques et trépigner de fureur à la recherche des citoyens manquants, provoquant d'autres éboulements...nos habitants prient, pleurent, prostrés jusqu'à ce qu'un nuage de poussière les fassent suffoquer...un grand fracas sourd est la dernière chose qu'ils entendent.


J25 – Le vent souffle sur les ruines des Bas-Fonds...ici et là les pages d'un cahier sont prisonnières d'un grillage, quelques bouteilles et gourdes vides traînent dans le sable, seuls vestiges de notre présence en ces lieux. Le sol de la ville à l'est s'est affaissé, la ville paraît maintenant brisée en deux, fragile édification humaine dans ce monde qui ne leur appartient plus...Plus de trace des habitants, plus de trace de leur vie, de leurs joies et de leurs peines...plus rien...juste l'immensité du désert...et ses abominables ombres errantes.


-Mnemosynea

Bas-Fonds Corrompus – Jours 20 & 21


Les défenses de la ville sont désormais terminées, les ouvriers se sont appliqués à renforcer chaque mur, porte ou muraille qui pouvait l'être. Les citoyens commencent maintenant à renforcer leurs maisons individuelles, tandis que l'omniprésence des zombies et leur odeur pestilentielle provoque la nausée chez certains et qu'il devient pratiquement impossible de respirer sans mouchoir sur le nez.

Les prospecteurs sortent toujours pour trouver des défenses plus efficaces, des ressources, du matériel et des denrées, mais les groupes les plus actifs ont du se résigner à ne plus former qu'un seul groupe d'une dizaine de personne qui rencontre maintenant systématiquement des meutes affamées de non-morts dans le désert, attirés par le parfum raffiné de notre chair fraîche. Nous ne partons plus désarmés, pratiquement chaque citoyen se munit d'une pistolet à eau trois charge et/ ou d'une bombe à eau. Il faut souvent faire le nettoyage lorsque nous écumons le désert, pelles et pioches accrochées dans le dos, armes à portée de main. A l'atelier, les ouvriers essaient de bâtir les meilleurs chantiers temporaires en fonction des ressources disponibles. Les ouvriers sortent désormais maintenant avec des caddies afin de rapporter le maximum de ressources en ville, bringueballant avec peine les matériaux ingrats et si lourds que sont les souches pourries et les débris métalliques.

Toutes les stratégies de défenses sont désormais mises à plat, envisagées, discutées, débattues, vérifiées, calculées. Chaque effort compte et doit nous apporter plus que ce qu'il nous coûte car les habitants commencent à fatiguer, physiquement et psychologiquement. La rudesse du travail associée à la peur latente usent nos corps et nos esprits que certains semblent déjà avoir perdus.

Rien ne semble réellement structuré dans les Bas-Fonds, sous ses airs de ville « qui s'en sort plutôt bien », le chaos affleure. Certains se terrent chez eux, oubliant jusqu'à boire régulièrement pour survivre et se jettent pratiquement dans le puits lorsqu'ils ne peuvent plus tenir, gâchant ainsi les réserves que d'autres s'évertuent à maintenir à flot. D'autres citoyens n'osent plus sortir de l'enceinte de la ville, refusant jusqu'à s'approcher des portes maculées de chair putréfiée et errent sans but entre les bâtiments irréguliers. Enfin, les derniers au contraire, sortent coûte que coûte, ne mesurant ni les risques qu'ils prennent ni les efforts qu'ils coûtent à leurs concitoyens lorsqu'ils appellent les Bas-Fonds pour demander de l'aide. Ils partent et reviennent, dans un va-et-vient incessant, sans jamais donner de leurs nouvelles et reviennent en arborant la même expression taciturne. Les citoyens s'entredéchirent – conscient que leur maigres possessions représentent maintenant peut être quelques jours de salut supplémentaire – ils gardent des objets pour eux ou commettent de menus larcins, leurs esprits sans doute déjà contaminés par une infection « qui va tous bientôt nous gagner » lance sunkyr sur un ton peu rassurant. « On en a plus pour longtemps... » murmurent les bâtisseurs tandis que teek s'évertuent à faire garder l'espoir à ses compagnons de route.

Les Bas-Fonds tiennent toujours mais... « On a eu beaucoup de chance avec les attaques jusqu'à maintenant » justifie deiuszeus en versant un énième verre de vodka Marinostov à un sourciere déjà bien entamé. « oui, c'est bien vrai, hehehe...beeurp... » commente ce dernier. Tandis que Shagshog consulte la carte du territoire des Bas-Fonds avec Truth pour y étudier le tracé de l'expédition journalière, Mnemosynea, deiuszeus et quelques autres citoyens planifient, un café bien serré en main, les diverses constructions et évolutions à proposer aux citoyens dans la journée. La taverne a depuis quelques jours quitté son ambiance conviviale pour devenir le quartier général stratégique des expéditions et des chantiers. Mais cela ne suffit pas.

Malgré l'energie que les citoyens mettent à maintenir la ville debout, l'eau reste notre problème majeur. La soif engourdit les citoyens et la peur de mourir déshydraté hante les esprits. Certains regardent désespérément leur gourde vide et gémissent en constatant que les réserves s'amenuisent à vue d'oeil. Les améliorations de la pompe et les quelques rares jerrycans trouvés par les prospecteurs ne nous feront pas tenir encore bien longtemps. « Dans quelques jours, nous ne pourrons plus creuser plus bas » annonce Sayanal, l'air grave. Et les non-morts avancent, imperturbables, infatigables. Tandis que nos forces s'amenuisent, les leurs ne font que croître, furieux de ne pouvoir encore atteindre nos chairs si prisées...dans quelques jours peut-être...ou demain...

-Mnemosynea


Bas-Fonds Corrompus – Jours 6 à 13


Depuis quelques jours, les chantiers ont retrouvé un semblant d'ordre, les citoyens votent désormais à main levée pour les chantiers à lancer dans la journée, et plusieurs citoyens se relaient, tel Truth , deiuszeus ou Mnemosynea pour proposer des chantiers mais nous avons pris beaucoup de retard car la scie fait cruellement défaut. BouZeux en rêve la nuit et crie dans son sommeil « on a la scie! » « j'ai trouvé la scie! », ce qui réveille bien évidemment tous les citoyens sur de fausses espérances. Mais le phénomène va beaucoup plus loin, en effet, certains ont même aperçu Papercut – atteint de somnanbulisme – scier une planche dans le vide cette nuit. A la taverne, Shagshog et sourciere ont accroché des gri-gri autour d'un collage réalisé avec de la peau de zombie séchée, censé représenté l'objet tant convoité. On remarque également un regain de ferveur à l'autel d'Onthaal où les citoyens vont prier pour trouver la sacrosainte scie et lui ont même consacré un étui réalisé dans la plus belle souche pourrie qu'ils ont pu trouver: « C'est du délire... » a commenté sunkyr d'un air défait. Les enfant, quand à eux, jouent à « A la recherche de la scie perdue » brandissant une chaîne rouillée qu'ils agitent comme un fouet, coiffés d'un vieux chapeau moisi tout écrasé découverts dans les souterrains. Les prospecteurs s'agenouillent désormais tous devant « l'emblème » marmonnant un semblant de prière, avant de partir dans leur quête éperdue...

Heureusement Jour 8, la sacrosainte relique a finalement été découverte et ramenée dans une procession quasi religieuse jusqu'à son bel écrin.

Après cette angoisse d'une semaine, les citoyens ont enfin pu se consacrer aux choses essentielles:
pataate, ayant décidé de s'improviser maître cuisinier et de se mesurer à Truth dans un concours pour apparaître dans « le Guide du Succulent Zonzon » - qui paraîtra aux éditions de la Butte – a ouvert une seconde cuisine, et, afin d'être sur un pied d'égalité est parti dans le désert dénicher un vieux frigo usé par les lancers sur les zombies. Après avoir passé la journée à le rafistoler comme il a pu, il fait maintenant pédaler son frère, BouZeux, pour faire fonctionner le générateur qui alimente ses appareils electro-ménager en mauvais état.

Je ne peux continuer ce récit sans vous dévoiler les deux derniers plats servis par nos excellents cuisiniers:

Le Pestiféré Galeux (établissement tenu par Truth)


Plat du jour :
Entrée: Petite terrine de fois de zombis en gelée
Plat: Chat mignon épluché, désossé, et décortiqué, avec son coulis à la moelle de pestiférés ;
accompagné d'une purée de pataates germées
Dessert: Cervelet de zombis glacé, servit avec la boite crânienne et la paille ! (j'ai eu beaucoup de mal à en trouver dehors !)

Spécialité de la maison: Les fameuses testicules de zombis marinées servies en brochettes ! Vous m'en direz des nouvelles !!!

Sans Nom (établissement tenu par pataate)

Menu du Jour !

Entrée : Oeil de Rats sur son tapis de Biscuits fades.

Plat Principal : Morceaux de Viande Humaine épicées grillées au Crématocue accompagnée de sa farandole de Fruits séchés et quelque peu moisies. Assortiment de petits légumes mous sauce Bave de zombie.

Royal Gourmandise : Salade fraîche avec coulis de Chocolat. Dessert Hallucinogène !


Les plats ont eu du succès et nos citoyens se sont régalés. Cette cuisine adaptée à leurs besoins nutritionnels journaliers leur a permis de faire des merveilles. En effet, depuis la découverte de la scie, les bâtisseurs, jubilant, et nourris au cadavre sur son lit de légumes suspects scient à n'en plus finir, et en oublient même d'aller chercher de nouvelles ressources à scier. On a pu voir Sayanal, la scie à la main, errer dans la ville le regard inquiet, cherchant désespérément une souche des yeux.

Grâce à nos ouvriers zélés, la Fausse Ville, plusieurs murailles et la robinetterie ont été construites en quelques jours. D'ailleurs, depuis la robinetterie, nos habitants qui avaient tendance à ne plus sortir tant les non-morts erraient près de nos murs, s'en donnent à coeur joie. Tout le monde s'arrache les pistolets à eau et c'est à celui qui sera levé le premier qui aura le plus de pistolets à vider sur les non-morts. Dans le désert, autour de la ville, tous les matins c'est un festival auditif de râles et de rires sadiques. Nos deux cuistots en particulier en profitent pour ne pas abîmer le morceau du non-mort qu'ils serviront le midi même aux citoyens et vont eux-même chercher « la pièce » qui les rendra célèbre.

Enfin, il ne faut pas oublier les prospecteurs journaliers – Shagshog, sourciere, sunkyr et clouk – qui peut-être abusant trop des desserts hallucinogènes du jeune pataate, ont des absences et oublient une partie de leur équipement. On notera aussi que Shagshog, complètement accro aux dessert du jeune prodige, ne peut plus s'en passer et se shoote à tout ce qu'il dégote dans le désert.

Bref, c'est de nouveau une ville pleine de vie, d'incidents, un peu mal organisée mais industrieuse qui se construit au milieu du désert. L'omniprésence des non-morts ne semble pas réellement les gêner. Les citoyens sont armés, plein de ressources et prêts à se débarrasser des hordes...du moins le pensent-ils...
-Mnemosynea




Bas-Fonds Corrompus - Jours 1 à 5 (ville 5)
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Bas-Fonds Corrompus – Jour 5


Malgré l'empressement mis aux constructions de dernières minutes et le chaos total dans lequel s'est trouvé le chantier hier soir, les nouvelles défenses, érigées d'une main de maître par nos équipes de bâtisseurs expérimentés, ont repoussé l'attaque des êtres sans âmes. Beaucoup de cadavres ambulants ne se sont pas aperçu dans la nuit noire qu'un fossé avait été creusé et sont tombés dedans. Restés prisonniers jusqu'au petit matin, ils ont accueillis et achevés de diverses manières par nos citoyens surexcités: « Prends-toi ça, pourriture ambulante! » hurle Alcadel en faisant tourbillonner un hachoir émoussé au dessus de sa tête avant de trancher le cou de la créature impie dans un bruit répugnant. Certains y vont à coups de grand bâton sec, d'autres lacèrent avec un ouvre-boîte, bref, chacun y va de sa petite méthode.


Du côté de la taverne, les ouvriers, pas peu fiers de leurs travaux éclairs de la veille, se réjouissent de leur performance et se félicitent ce matin autour d'un petit déjeuner copieux constitué de blé bleu du désert aux légumes suspects farcis que Truth a élégamment nommé « rivière de blé moucheté ». « Mouais, c'est n'importe quoi ce nom encore, » critique Shagshog qui fait la grimace après la première bouchée: « rhhaa mais en plus c'est dégeu! Qu'est-ce qu'il a foutu? » Truth, choqué, rentre aux cuisines en claquant la porte, faisant tomber une poutrelle vermoulue sur la tête de Sayanal qui, de rage, la balance à son tour en travers de la taverne. Cette dernière atterrit dans les assiettes de marchombre86 et Onthaal, stupéfaits. De mécontentement, marchombre86 est prêt à relancer la poutrelle à travers la taverne mais son geste est rapidement bloqué par Deiuszeus qui le somme de s'asseoir et de se calmer. La taverne n'en reste pas moins animée puisque nos citoyens semblent prêts à affronter cette nouvelle journée avec entrain et zèle.


Si la ville semble se réjouir d'avoir paré au mieux l'attaque de cette nuit, ce n'est absolument pas le cas de GabTB qui est inconsolable. En effet, depuis notre arrivée ce dernier cherche sa poulette et est si désespéré qu'il a gravé sur les portes de la ville, à l'attention des prospecteurs: « Pitié, pour ma cocotte, que quelqu'un en prenne soin ». De plus, hier, cette dernière a été aperçue en expédition mais aucun des expéditeurs n'a daigné lui ramener le gallinacé à deux têtes. Ecoeuré, ce matin GabTb s'est donc précipité sur un groupe de zonzons, le visage baigné de larmes. Heureusement, il a vite été rattrapé par Rottensphinx qui, l'arrachant à une mort certaine, l'a ramené à la raison. Quelques minutes plus tard, c'est un autre GabTB qui est sorti triomphalement de la tente d'Onthaal, brandissant un carillon. Un comportement compulsif en chassant un autre, le citoyen se promène maintenant avec son carillon et sonne à qui veut l'entendre – Mnemosynea en particulier, par goût – et plus souvent du côté de la tente de sourciere, pour l'empêcher de dormir.


Bref, chez les prospecteurs, pour la plupart avec une gueule de bois terrible et après un petit déjeuner copieux mais indigeste, aujourd'hui c'est la croisade de la scie. « A la recherche de la scie perdue! » lance joyeusement pataate en brandissant un des bâtons de dynamite subtilisé aux réserves. « Viens, on va jouer à trouver la scie dans la ville BouZeux! » dit pataate surexcité. « Trop cool, j'avoue! ». En effet, de nombreux kits de bricolages ont été ramené à la ville mais toujours pas de scie. Deux expéditions de choc ont été organisées pour tenter de trouver la sainte relique dans les bâtiments les plus éloignés de la ville. Mais vers 20H, il faut se rendre à l'évidence, malgré des expéditions fructueuses en objets de défenses divers et en poignées de vis et écrous, la scie manque toujours à l'appel...au grand dam des bâtisseurs qui viennent de terminer les fixations de défense et s'apprêtent à découper des planches.


Vers 19H, alors qu'une partie de la population s'était manifestée en faveur de la construction de la Fosse à Pieux, certains bâtisseurs ayant consulté la liste des chantiers y ont lu « Douves » et se sont donc mis, un peu sceptiques, à remplir le Grand Fossé. Vers 21H, on leur somme d'arrêter net pour faire les barbelés. Perplexes, les bâtisseurs hésitent pendant quelques instants, mais ne sachant plus à quel saint se vouer décident finalement de terminer les Douves tandis qu'un groupe commence les barbelés. Vers 22H, les Douves sont terminées, les barbelés entamés et les pieux de la fosse pas encore taillés. « Heureusement, les défenses construites aujourd'hui devraient suffire à nous faire tenir cette nuit! » annonce Rottensphinx un peu déconcerté par l'imbroglio de directives contradictoires qu'il a reçu au cours de la journée.


L'heure de fermer les portes approche, mais vers 23H50 il y a toujours deux citoyens dehors, endormis, malgré le froid, sur le sable des dunes. Ils sont ramenés – ou plutôt traînés - à la dernière minutes par deux valeureux citoyens, car les deux retardataires tiennent à peine debout tant ils ont bu. « Il va falloir mettre de l'ordre dans cette ville si on veut s'en sortir! » entend-on ce soir entre les mugissements frénétiques des zombies. « On y arrivera pas... » pleurent déjà certains alors que leur sentiment de peur grandit à mesure que les coups sur les murs se font plus violents, inhumains et que la pestilence envahit la ville, un peu plus cette nuit encore.
 

-Mnemosynea



Bas-Fonds Corrompus – Jour 2,3 & 4


Après quelques jours où les zombies ne semblaient même pas avoir remarqué notre ville en cours d'édification, il semble ce matin qu'un groupe assez important nous ait repéré. « Ils sont là à rôder comme des hyènes! » lance avec mépris Sayanal. Il faut dire que les habitants sont loin d'être discrets:


Entre les prospecteurs qui reviennent complètement plein sans effacer leurs traces dans le sable, les gamins – pataate et BouZeux – qui tentent de déboucher les couloirs des catacombes aux explosifs et la ménagerie qui rivalise de bruits divers et variés, même un vrai mort n'aurait pu nous ignorer. Personne aux Bas-Fonds ne semble s'être réellement soucié de passer inaperçu et ce soir nous le payons très cher.


Les premiers jours insouciants se sont brutalement terminés quand à 19H les habitants ont commencé à s'inquiéter de l'attaque de ce soir. Tout le monde y va de sa petite idée, mais les uns étant ivres, les autres arrivant comme des cheveux dans la soupe, les propositions sont pleines d'erreurs ou consomment trop de ressources ce qui mène le débat jusqu'en début de soirée.


Nos bâtisseurs sont donc obligés de se doper aux melons d'intestin et aux légumes suspect, encouragés par les beuglements des prospecteurs bourrés qui n'arrivent pas à aligner deux mots. Shagshog et Toxyn3 parlent tout seuls sous le regard penaud de pataate et BouZeux qui, pour avoir fait effondrer la maison de Truth en faisant exploser un rocher sous la ville, sont punis à tresser des sacs pour les expéditeurs: « C'est nul! » dit BouZeux d'un air boudeur, « ben oui c nul! » répond son jumeau en lançant un regard assassin à Truth (cf. épisode de l'épaule démise).


Pendant ce temps, certains trouvent encore le temps de faire dans le raffinement: Truth muni de sa toque jaunie et de son tablier taché de toutes les couleurs s'évertue à préparer des mets de choix. Il se prend même à aller en expédition seul avec sa toque de chef – qu'il ne quitte plus – pour chercher « des ingrédients rares », « Je ne conçois pas la cuisine sans le mot « exceptionnel » » a-t-il confié. Bref, à la taverne, on ne s'embarrasse pas de ce genre de complexes, certains se servent directement à la bouteille, au grand dam de notre barman tandis que d'autres enfournent des petits gâteaux difformes sans même prendre le temps de mâcher.


« Le monde dans lequel nous vivons est cauchemardesque, alors il faut pardonner ces quelques écarts à nos citoyens quelque peu égarés » confie Onthaal à ceux qui en paraissent choqués. Les habitants recherchent en effet l'affection où il le peuvent: tandis que certains s'attachent à des animaux, d'autres s'acoquinent avec des zombies pacifiques tandis qu'une autre partie de la population se rapproche plus « naturellement » de ses pairs. Ainsi, hier soir, quelques habitants un peu surpris ont pu voir un sourciere - plein comme une outre, à son habitude – s'adresser en termes assez ambigus à un woulfyr plutôt flatté: « mon woulfyr c...cherie du moment que la porte est fermee ma biche peut m im..mm... mporte qui la ferme cela me v a mais si c est toi qui l..ll... la ferme, cel » Dans ce charabia, plusieurs citoyens ont clairement entendu « ma biche », « ma bichounette », bref, une marque d'affection parmi tant d'autres que les citoyens isolés d'un monde civilisé se prennent à se manifester clairement entre eux...


C'est avec de toutes autres intentions que ce soir nos chers ennemis vont couvrir la ville de leur cris et de leur pestilence... Les bâtisseurs viendront-ils à bout des chantiers à temps? Arriverons-nous à surmonter ce jour et les suivants? L'angoisse monte tandis que la joie éphémère part se cacher, loin, très loin, pour ne pas revenir de sitôt...
 

-Mnemosynea

Rottensphinx, muni de son marteau, martèle et crie des ordres de toutes ses forces. "On ne va pas crever. On ne va pas crever. Pas cette fois." Dans un dernier élan, accompagné par une troupe d'ouvriers paniqués, il érige la dernière paroi de la muraille rasoir. En une heure à peine, les ouvriers ensanglantés finissent de souder les joints et voilà la dernière partie solidifiée. Rompus, couverts de sueur et les mains en sang, les ouvriers rentrent à la taverne prendre un repas et une bière amère. Certains s'endormant la face dans leur assiette.

-Rottensphinx


Bas-Fonds Corrompus – Jour 1


Remis de l'échec cuisant de La Gangrène, notre méta coalition quitte cette ville dans le désordre le plus total, ne laissant que chaos et désolation aux zombies affamés qui se sont empressés d'investir les lieux. Tous prêts à un nouveau départ, chacun a cependant emporté un petit souvenir: Onthaal, la clef de voûte de sa cathédrale, pataate un morceau d'Elmo assassiné par un citoyen revanchard, BouZeux des « cailloux » souvenirs, Toxyn3 un bocal de fourmis rouge soigneusement prélevées dans la fourmilière de la taverne, Deiuszeus une bouteille de rhum cubain sans étiquette découverte près du puits, Sourciere un bouteille vide « qui a une jolie couleur »... bref, chacun y va de son petit gris-gris ainsi que de toute une ménagerie puisque les habitants ont pris goût à l'élevage d'animaux mutants.


Bref, en cette nuit sans saison, le désert est froid et venteux, comme à l'accoutumée. La caravane, bien organisée, avance lentement, sondant chaque terrain qui paraît approprié à l'édification d'une nouvelle ville. Vers 1H15 Shagshog trouve ce qui semble être un ancien baraquement. Les chefs de coalition se réunissent dons à l'intérieur pour juger du potentiel de l'endroit suivis par nos architectes, Pichachiquita et Rottensphinx. Un quart d'heure plus tard Rottensphinx annonce d'une voix enjouée à la petite assemblée impatiente: « Ca me paraît pas mal, on peut construire quelque chose de fortifié là-dessus, et le puits semble assez profond. » C'est avec soulagement que les nouveaux habitants prennent possession des lieux.


Une demi-heure plus tard, chacun s'est trouvé une tâche, car il y a fort à faire pour mettre sur pied cette nouvelle ville. Des équipes d'expédition s'organisent tandis que d'autres réparent les barricades abîmées. BouZeux et pataate, quant à eux, sont partis en exploration dans la ville. Alors que les deux frères jouent à « c'est toi le zonzon », BouZeux avec sa maladresse légendaire, se prend les pieds dans quelque chose et se retrouve face contre terre. Les deux frères intrigués inspectent le sol et trouvent un anneau scellé au plancher qui s'avère être la poignée d'une trappe. Sans peur, les deux enfants se glissent à l'intérieur et découvrent une série de galeries qu'ils commencent à explorer...mais ils remontent bien vite, effrayés par des bruits inquiétants: « C'était quoi ça? Predator? » lance pataate essoufflé en remontant son frère qui s'est prit les pieds dans une corde et n'arrive pas à remonter. « Sais pas... » répond BouZeux tout penaud, « Faut le dire à papa! »


Une heure plus tard, toute la ville est au courant de l'existence des galeries et certains veulent aller les explorer tout de suite tel Truth armé d'un grand bâton sec. « Non, non et non! » lance sunkyr sur un ton péremptoire, « nous verrons ça plus tard, on a mieux à faire aujourd'hui! » C'est la tête basse que Truth retourne aux cuisines tandis que Mnemosynea entraîne ses deux neveux à la taverne pour leur faire travailler leur littérature. BouZeux arrive cependant à s'esquiver et, pour se venger, emprunte la couverture du lit de sunkyr et baptise la ville au marqueur – subtilisé chez sa tante – l« Baffon quoronpu » avant de grimper sur la maison de Sayanal pour y planter le nouveau drapeai: « c'est en attendant la tour de guet! » crie-t-il joyeusement. Mais c'est sans compter sur teek qui s'empresse d'aller corriger les erreurs avant de renvoyer BouZeux copier des lignes pour sa mauvaise maîtrise de l'orthographe.


Bref, vers 18H c'est une journée fructueuse qui se termine, et l'heure est à un premier bilan à la taverne . Rottensphinx a déjà le composant électronique nécessaire à la construction du scrutateur et un certains nombre de bâtiments ont été repérés. « Je la sens bien cette ville! » dit Sayanal qui sort de la taverne, ravi. « Ouais, on va s'en sortir ce coup-ci! » renchérit GabTB en donnant une bière en douce au petit pataate dont le regard s'illumine.


Ce soir les nouveaux habitants sont sereins et apprécie la calme soirée qui se profile alors que le soleil décline à l'horizon. Chacun se satisfait de la douceur du soir et de la fraîcheur de l'air de la ville encore trop jeune pour être viciée par l'odeur de nos ennemis...

-Mnemosynea


 


Gangrène de LeChuck - Jour 2 (ville 4)
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Le reste des écrits de cette ville est perdu à jamais...


Gangrène de LeChuck - Jours 4 & 5


La gazette
Disette chez la Horde : aucun des 120 zombies n'a eu quoi que ce soit à se mettre sous la dent hier soir en ville, nos défenses ont bien tenu. - Le Corbeau
 
Morts en ville : Aucun !
Cela fait maintenant deux jours que quelques 150 zombies tournent autour de la Gangrène et essaient d'arracher nos défenses sans succès: « Ils sont décidément trop manches ces zonzons! » dit clouk en riant aux éclats, renversant un peu de sa bière de 5H du matin sur une souche pourrie avant de se servir une autre bière, d'enfourner un cookie peu engageant et de rejoindre le groupe de réflexion pour les propositions de chantier. Ce matin, la communauté décide de lancer la robinetterie: « Comme ça on pourra zigouiller tous les zonzons! » s'exclame Woulfyr qui est un peu agacé de toujours devoir les éviter.

Du côté de la Tour, BouZeux, mal réveillé, grimpe les marches avec difficulté suivi de la fidèle Colerette qui trottine derrière lui en essayant surtout d'éviter qu'il ne lui marche dessus. Arrivé en haut, BouZeux estime un peu moins de 200 zombies errants à l'aide de sa longue vue perfectionnée. Cependant, pendant que notre vigie ajuste ses calculs, la petite poulette à deux têtes tourne autour de son maître faisant passer la corde tout autour des pieds de BouZeux. Fatalement, au moment de redescendre, BouZeux se prend les pieds dans la corde et descend l'escalier en roulé-boulé phoniquement agrémenté de « Aïe! ...Ouille!... Mais euh... » Enfin arrivé en bas, il se met à pleurer et son frère pataate accourt un kit de secourisme à la main: « Ben BouZeux, qu'est-ce qui t'as pris? » Truth arrive alors, écarte le jeune gringalet avec son kit d'amateur et annonce: « Pousse-toi gamin, j'ai des compétences en médecine, je vais lui arranger ça. » Voulant bien faire mais sans trop de tact, Truth remet en place l'épaule de BouZeux qui hurle à la mort, réveillant les derniers citoyens qui pensaient grappiller un quart d'heure de sommeil. « Maintenant tu peux lui mettre le bras en écharpe! » dit-il avec un sourire condescendant à pataate. C'est avec un air catastrophé que Nimp0rtequi arrive enfin pour calmer ses fils tous les deux maintenant en train de menacer Truth de leurs petits cailloux pointus: « Bon on se calme les gosses, c'est rien du tout ça! Allez faire un tour à l'infirmerie pour désinfecter ces égratignures, et que ça saute! » C'est ainsi que BouZeux, soutenu par son frère, se rend à l'autre bout de la ville, poursuivis par Colerette, un peu sonnée par le vol plané de son maître.

Autre fait d'importance, hier, tout le monde se demandait où était passé Onthaal. D'habitude, notre aumônier émérite arpente les rues à la recherche des impénitents de la Gangrène en psalmodiant d'obscures incantations latines. Mais hier, le murmure de ses cantiques n'a pas excédé les bâtisseurs ce qui a tôt fait de les étonner. C'est Pichachiquita, qui, connaissant bien le prédicateur, l'a retrouvé en train de bâtir une sorte d'église avec les outils des bâtisseurs – et la
scie en particulier que tous ont cherché pendant des heures. Ce dernier avait déjà érigé une bonne partie du bâtiment en utilisant l'alcôve naturelle de la falaise: « C'est l'endroit idéal pour mes fidèles » lance-t-il sur son ton mélodieux, «  On m'a expressément demandé d'ouvrir un sanctuaire pour les pécheurs. L'Aumônerie est donc en cours de construction... Mais ce n'est pas facile de bâtir une cathédrale, tout seul, avec des débris métalliques et des souches pourries... » L'incident clos et la scie ramenée à nos bâtisseurs qui étaient prêts à déclencher une émeute, nos ouvriers se remettent au travail.

En quelques jours, ils ont accompli un travail de qualité, à l'Est de la ville, là où le sable semble le plus fertile, Twister31 et clouk ont édifié un Purificateur et ont bêché un potager qui donne déjà quelques melons d'intestins et quelques légumes mutants à l'aspect plus que rebutant. Pour les défenses, Rottensphinx et GabTB ont lancé des équipes sur les Fixations de défense, les remparts avancés et ont même renforcé avec une seconde couche: « Pour pas que ça s'effrite avec leurs coups de furieux, » a commenté g30ffr3y d'un air soucieux.

Mais, malgré l'avancée des travaux, quelques habitants s'inquiètent quand même de la sécurité sanitaire... En effet, à la Gangrène, les citoyens ont pris de curieuses habitudes, BouZeux ne sort jamais sans sa poule mutante à deux têtes, Colerette, tandis que Mnemosynea élève un rat géant aux yeux vert phosphorescents, Truth et Rottensphinx nourrissent Yangu le cochon à la patte nécrosée – depuis que ce dernier s'est fait planté un couteau dans la cuisse, la plaie s'est refermée mais la peau est devenue verdâtre – sans évoquer ceux qui partent en expédition avec leur chat sauvage au poil épars...
Hobbes 60 s'inquiète beaucoup de cette arrivée d'animaux mutants en ville: « Nous avons un problème: certains partagent étroitement ou ont partagé leur taudis avec un cochon ou une poule. Par les temps qui courent, ça pose un risque d'épidémie certain. Faut il abattre le troupeau ? » Les citoyens concernés ont tout de suite pris la mouche, déclarant qu'il y avait bien plus dangereux que leurs animaux parfaitement dressés. Notre citoyen n'a pas osé aller plus loin dans son argumentation, de peur de représailles infectieuses.

Il est vrai qu'il y a quand même plus grave, comme Link27 et pataate qui élèvent tous deux un zombie. Link27 a d'ailleurs posé une annonce: « A vendre, zombie agressif et tatoué, MP si intéressé. » pataate, quant à lui, a appelé le sien Elmo, et s'en sert comme d'un nounours. A qui veut l'entendre il crie: « le zonzon qui bave quand on lui touche le ventre ». Plus grave, pataate dort avec Elmo comme avec n'importe quelle peluche... Assez étrangement, ce zombie n'a encore jamais tenté de le mordre, mais les citoyens n'approchent tout de même pas ce cas étrange à l'odeur infecte que pataate, grâce à son masque respiratoire, ne semble pas percevoir: « Des fois je retrouve des bouts de lui dans mon lit, alors je les recolle! » commente-t-il fièrement. Aujourd'hui, le jeune maître d'Elmo a voulu montrer les capacités de son compagnon à Sunkyr, Toxyn3 et Jojo30, tous un peu méfiants: malheureusement, en appuyant sur le ventre de son cadavre ambulant il a percé un organe du monstre qui a instantanément fait gicler un geyser du sang agrémenté de chairs putréfiées sur les trois citoyens. Jojo30 s'est mis dans une colère noire puisqu'en plus du liquide répugnant, un bout d'intestin du monstre venait de ruiner sa chemise fraîchement lavée. Inutile de préciser que pataate et son zombie se sont alors enfuis sans demander leur reste...

La journée s'achève assez paisiblement. Chacun semble s'être attelé à sa tâche avec zèle et acharnement et nos citoyens ne sont pas mécontents de leurs accomplissements. L'inconscience des premiers jours a fait place à une sagesse toute nouvelle qui se trouve grandement appréciée par tous. Le soleil se couche sur la Gangrène dans les gémissements et les râles, mais les citoyens restent confiants et objectifs: ce n'est pas cette nuit encore qu'ils nous importuneront assez pour nous empêcher de dormir...pas tous du moins.
 

-Mnemosynea


Gangrène de LeChuck – Jour 3

La gazette

On a sauvé de justesse marchombre86 qui s'apprêtait à se pendre dans sa maison cette nuit : "je pensais qu'on allait se faire bouffer, je voulais pas être en vie pour voir ça". Mauvaise analyse semble-t-il, car aucun zombie n'a pu entrer chez nous cette nuit. - Le Corbeau

Morts en ville : Aucun !


Cette nuit, personne n'a eu l'impression que les non-morts s'étaient aperçu de notre installation: « Il paraît qu'il y en avait qu'une cinquantaine » commente pataate d'un air étonné. « Et bien, tant mieux si ces déguenillés nous ont pas encore repéré! » ajoute GabTB en déjeunant sa tarte meringuée à qui les ingrédients douteux trouvés dans le désert putride ne semblent pas faire peur.

Pourtant, lorsque BouZeux se rend à la Tour, l'air blasé, sa poule courant derrière lui, il est tout de même étonné de voir tant de putréfiés traîner aux abords de la ville: « Il y en a bien 150 les gars, va falloir penser aux défenses! » Les bâtisseurs, un peu déconcertés, préparent alors leurs outils mais sont interrompus par sourciere qui leur demande de se rendre sur la place de la Gangrène. Intrigués, les citoyens et les bâtisseurs se rendent au lieu dit.

Il faut bien avouer que depuis deux jours les citoyens se sont montrés bien insouciants et peu économes sur l'eau. Ce matin, avant les expéditions, teek et Jojo30 ont réuni les citoyens sur la place sablonneuse, jonchée de matériaux de construction pour mettre les choses au point: « Bon alors là il va falloir m'expliquer, » commence teek sur un ton de reproche, « en tout 114 rations prises en trois jours pour 34 remises à la réserve. Hier vous ne vous êtes vraiment pas privés! En rations réellement avalée en 3 jours on en est à : 82 rations soit en moyenne 27 rations par jours avalées! C'est n'importe quoi! Vous tenez vraiment à mourir de soif?! » commence-t-elle à crier emportée dans son élan. Les citoyens se regardent d'un air un peu honteux, conscients qu'ils se sont un peu laissés aller depuis deux jours.
C'est en suite au tour de Jojo30 qui termine de les culpabiliser: « C'est quoi ce b*rdel?! Il faut arrêter maintenant de partir à deux, même bien armés, les expés doivent être synchro c'est à dire être tous présent lorsque la zone est épuisée! Voilà comment je le vois, car si chacun se dit aujourd'hui je suis dispo je fais une expé et que le lendemain il n'est pas dispo faudra me dire comment on gère! » les habitants baissent les yeux, conscients que la frénésie des premiers jour doit prendre fin. « Si on ne respecte pas ceci à minima je pense moi que l'on ira pas bien loin! » Sur ces mots, Jojo30 et teek descendent de l'amas de souches pourries sur lequel ils étaient grimpés pour s'adresser à la population, l'air contrarié, mais tout de même satisfaits d'avoir remis un peu d'ordre dans la ville.

Ce matin, seules deux expéditions partent donc, l'une au nord-ouest, l'autre au sud-est et reviennent toutes deux les sacs chargés d'objets de défense et d'autres objets d'importance. On notera également la découverte de la
scie par pataate, trouvaille dignement fêtée à la taverne. Aux chantiers, les équipes de Rottensphinx, abeilles industrieuses, ont monté la pompe, creusé le grand fossé autour de la ville et l'ont garni de pieux effilés. Le retard n'est pas encore rattrappé, mais les bâtisseurs s'y sont employés de toutes leurs forces.

L'ambiance en cette fin d'après-midi n'est plus aussi enjouée. Le manque d'eau et l'absence de centrale hydraulique commence à en faire paniquer certains. Il est vrai que notre puits est peu profond et pourtant il faudra aussi construire des défenses à eau si nous voulons lutter efficacement contre les être infâmes qui rôdent dehors...Leur nombre a pratiquement triplé depuis hier en-dehors des murs ce qui a tôt fait d'engendrer une inquiétude palpable au sein de la communauté. Que se passe-t-il? Nos citoyens seraient-ils si inconscients? Est-ce l'influence de ce lieu, naguère occupé par des brigands sans foi ni loi qui les rend nerveux et qui suscite ce comportement erratique? L'heure n'est malheureusement plus aux questions tandis que le soleil se couche et que les citoyens perçoivent pour la première fois clairement cette vague pestilence flotter dans les airs, ils ne peuvent plus nier leur présence. Les hurlements impies sont bien plus proches et plus nombreux cette nuit et ils nous glacent le sang, nous qui nous sommes crus, pendant l'espace de quelques jours, intouchables, à l'abri même de notre destin.


-Mnemosynea

Par Rottensphinx pour le grand livre de la belle Scribe,

Aussitôt le silence revenu sur la Gangrène, après une nuit de gémissements, plaintes et chansons de taverne…, je me lève, non sans mal. C’est d’un pas lent que je vais derrière ma tente et que je regarde l’espace vide. Qu’une vingtaine de jours passés avec cette bête et me voilà le cœur lourd parce que je n’est pas vu ou entendu ou senti se gigot vivant depuis trois jours. Enfin, d’un pas lourd je me dirige vers le tableau noir. J’y lis les instructions tout en entendant autour de moi des cris, des matières qui s’entrechoquent et beaucoup de rires.

C’est étonné que je voie une trentaine de nos citoyens qui se munissent de tout. Un va et vient à la banque qui me cause une légère inquiétude. Tout ce beau monde, ils ont l’air confiant, sûrs d’eux et de leurs voisins. J’ai l’impression que la réussite de notre dernière ville est montée à la tête de certains. Mon pauvre Yangu, si tu voyais tout ça, tu en maigrirais. J’ai même vu un jeune homme s’arroser la tête d’eau près du puit. Comme dans les publicités de produits capillaires de l’ancien temps.

Je n’aime pas vraiment aller au dehors, mais je veux faire ma part, et il manque de matériaux au chantier. Alors, je vais voir les maîtres expéditeurs pour me renseigner sur l’endroit le plus sécuritaire pour aller chercher planches et débris métalliques. On me répond qu’on est en sécurité partout, qu’il n’y a pas de crainte à avoir. J’ai même cru voir quelques regards moqueurs face à mon hésitation.

Je sors donc des murs, nos murs si rassurants. À peine ai-je fait cent pas sur un terrain rocheux que je tombe sur cinq affreux. Ils sont là, dans la lueur du matin, les yeux décolorés qui fixent la ville. Discrètement, je tente de passer, mais ils me bloquent le chemin. Malgré la lenteur de leurs mouvements durant le jour, ils m’encerclent. Je tente une feinte et me retrouve dos à un rocher. Pris de panique, je grimpe dessus, il est assez haut pour me mettre hors de portée des affreux. Par contre, le temps que je grimpe leur a permis de m’encercler à nouveau. Me voilà donc, debout sur un rocher, à cent pas de la ville, à l’aube, avec cinq zombies qui meuglent à mes pieds et leur exécrable odeur qui m’emplit les poumons. Si je reste là, une fois le soleil levé, je vais sécher comme une tranche de bacon… Mon pauvre Yangu.

Après un court moment, qui me sembla long, des humains, des vrais, pas des non-morts, sortent de la ville. Un par un, ils s’en vont dans différentes directions. J’interpelle ceux qui passent assez près de moi. On me répond de ne pas m’en faire, qu’ils vont repasser. Certains même m’ignorent. L’un d’eux, je ne sais qui, ma myopie m’empêchant de distinguer les visages (bien que j’aie cru reconnaître la démarche d’Alcadel), a lancé un caillou sur l’un des affreux, l’atteignant en pleine tête. Son crâne, ramolli, a été défoncé et un liquide gris-vert s’est mis à couler par le trou. Le
zombie en est remord. Estomaqué, je m’assois et je regarde le beau lever de soleil.

Les minutes passent, puis deux ou peut-être trois heures. Le soleil est maintenant bien levé et m’écrase de sa puissante chaleur. J’ai soif et je me sens affreusement seul. Autour du rocher, les affreux continuent à geindre lamentablement, se déplaçant lentement pour se cacher du soleil. C’est à ce moment que je vis un reflet dans le sable à un mètre de ma position. Cela pouvait être d’importe quoi, mais je n’avais pas envie de cuire là jusqu’à ce que les autres reviennent d’expédition. Je pris donc tout mon courage et je sautai en bas. J’atterris confortablement sur le sable puis fit un roulé-boulé vers l’objet inconnu. Quelle ne fut pas ma surprise et ma joie de trouver, là, dans le sable, un couteau, et en bon état de plus. Je fis volte-face, maintenant rassuré.

Avec le soleil dans mon dos, comme une main chaleureuse qui me pousserait à me dépasser, j’ai fait face au premier zombie. Il leva vers moi ses bras squelettiques et tendit ses doigts griffus vers ma gorge. D’un réflexe de colère, le visage crispé par la haine, je fis un mouvement rapide et précis. Avec le couteau, je venais de lui ouvrir la gorge. Il voulait la mienne, je lui ai tranché la sienne. Mon coup avait été puissant et profond, des années passées à ouvrir des sacs de grains à l’écurie m’avait sans doute préparé pour ce jour. Le liquide noirâtre qui s’écoulait pesamment de son nouveau sourire ne me dégoûtait pas, mais l’odeur qui s’en échappait, le gaz de putréfaction, me fit presque m’évanouir.

Je fus sauvé par un autre affreux. Celui à ma gauche s’était suffisamment rapproché pour m’attraper le bras. Horrifié, j’ai vite oublié l’écoeurante odeur de son frère, pour me jeter en arrière avant qu’il n’ait le temps d’affirmer sa prise. Ses doigts se refermèrent solidement pour ne pas laisser échapper son festin, mais ils ne prirent prise que sur ma chemise qui se déchira au niveau de l’épaule, laissant dans la main du zombie un bout de tissu sale. (C’était la première fois que j’appréciais de porter de vieux vêtements en mauvais état.) L’affreux, dans son mouvement pour me retenir, perdit l’équilibre et tomba face la première. Un craquement creux et mouillé accueillit le zombie au sol. Dégoûté, voyant qu’il ne bougeait plus, je le retournai d’un coup de pied. Il s’était ouvert le front sur un rocher. Décidemment, elles sont fragiles ces horreurs.

Ne voulant pas tenter la chance plus longtemps, je pris la fuite, laissant les deux derniers affreux derrière moi.

Cent pas plus loin, je pris le temps de reprendre mon souffle et de me dépoussiérer un peu. Pour faire bonne mesure, je suis rentré dans notre nouvelle forteresse avec quelques bouts de bois pourri et quelques débris en fer que quelqu’un avait laissé près de l’entrée. Et c’est avec une manche de chemise en moins que je sui retourné au chantier, là où je me sens le plus utile.

Bien à toi notre très chère scribe aux cheveux de couleurs de feux mystiques,

Rottensphinx
 

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